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le 20 mars 2014
SuivreLait chaud. Son rouge
Caressons, toi et moi, si tu veux bien, l'évidence : on est face à un grand film. Un de ceux qui traversent les temps, sans bouger. Un de ceux qui sont faits pour éblouir, génération après...
Ce mélodrame musical est une oeuvre étrange à travers laquelle on découvrira, si ce n'est pas déjà fait, l'indéniable personnalité des cinéastes Michael Powell et Emeric Pressburger.
Inspiré du conte éponyme d'Andersen, le film raconte le destin d'une jeune danseuse prometteuse qui est amenée par l'implacable et ténébreux directeur de troupe Boris Lermontov à faire le choix entre l'amour d'un homme et celui de la danse.
"Les chaussons rouges" sont une oeuvre étonnante par son esthétique et sa richesse thématique. Les cadrages et les éclairages, les couleurs et les décors entretiennent, en produisant une impression d'irréalité et d'intemporalité, la notion de merveilleux, tout en préservant les réalités d'un drame humain, voire psychologique pour ce qui concerne Lermontov, un drame dont la crédibilité se fonde sur la description authentique des coulisses d'un spectacle. C'est en metteurs en scène sincères et en artistes que les cinéastes évoquent la création artistique, musicale et chorégraphique ici, qu'on a rarement relatée par ailleurs avec un tel souci du détail vrai.
On découvre aussi face à la séduisante et rousse Moira Shearer un personnage et un comédien formidables. Anton Walbrook incarne avec une élégance et un réel magnétisme ce Lermontov tour à tour inquiétant et pathétique, ce directeur tyrannique, mi-démiurge, mi-diable, jaloux de sa découverte d'une artiste de talent. A cet égard, la qualité des personnages est pour beaucoup dans l'intérêt qu'on porte au film.
Enfin, notons le procédé original du long ballet, au coeur de l'histoire, qui résume et reproduit à lui seul l'intrigue dramatique du film.
Créée
le 9 avr. 2025
Critique lue 9 fois
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