Un jeune séducteur nommé Paul Carson pavoise dans le lit de sa récente conquête qui lui demande, curieuse, si elle fût satisfaisante ; il feint, dédaigneux, de s'intéresser lorsque le père fait irruption et chasse l'infâme Don Juan. Celui ci se perd dans un village abandonné et se voit offrir, par une belle demoiselle, l'hospitalité pour la nuit. Elle dé-serre son corset, met en valeur son décolleté, ouvre la porte de son logis et plie rapidement sous le charme du bellâtre. Le père de la belle fait alors irruption et fait fuir le garçon qui se réfugie au château le plus proche. Rebelote, une femme très peu vêtue lui accorde le logement et revient, la nuit tombée, rendre visite au Casanova torse nue dans l'idée de lui faire bénéficier de ses charmes.

Pour la peine on se croirait dans un film érotique des années 70 ! Lumière abondante, réalisation kitsch, interprétations amateurs, décors surannés, costumes sexy, rien ne manque. On se demande souvent le rapport cinématographique avec le mythe Dracula, on n'obtiendra jamais la réponse. Christopher Lee y est pourtant bien présent, il règne, blafard, et secoue des objets phalliques tel un pervers frustré par des années d'impuissances. Les femmes subissent le même traitement machiste et sont représentées comme des objets fragiles, faibles, incapables de résister à la tentation masculine. On les voit, idiotes, belles et naïves, sous dominations constantes du mâle puissant (Dracula), sûr de lui (Paul Carson) ou courageux (Simon).

Tout semble servir les fantasmes inavoués d'un cinéaste plus concentré à filmer les poitrines opulentes que les événements répétitifs d'un scénario aux faiblesses évidentes. Le film ne raconte rien, on s'ennuie face aux successions d'aller-retours entre le village et le château que chacun effectue pour rechercher celle qu'il a perdu en y allant. Le film se perd et nous perd avec lui.

Les cicatrices de Dracula est un film raté qui lorgne vers la parodie (sans humour) du film érotique et en épouse tous les codes poussiéreux : emprise du mâle dominant, sous-représentation de la femme, réalisation vieillotte, scénario inexistant et comédiens dépassés. C'est tellement mauvais qu'on tentera aussi vite de l'oublier en matant un bon Dracula, celui de Coppola.
Nicolas_Chausso
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le 29 mai 2013

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