Un matou qui assure vaut mieux que dix loups qui courent

Une comédie du Mocky de la grande époque (1967). Enfin, celle de "la grande lessive" (1968) ou du "drôle de paroissien" (1963) ou de quelques autres comme "l'albatros" ou "Solo".

Une comédie que je ne connaissais pas et que m'ont dévoilé deux éclaireurs (Zolo et Plume). Une comédie irrévérencieuse et acidulée.

Là, Mocky s'attaque, un an avant 1968, à l'institution du mariage avec en contre point, comme toujours, une police qu'il se plait, à égratigner. Gentiment. Surtout lorsqu'il s'agit de la police des "us et coutumes" qui ne s'attaque, avec une certaine dextérité, qu'aux pigeons avant de devenir eux-mêmes des pigeons.

C'est que le problème épineux à résoudre concernant le mariage est de pouvoir changer de conjoint en toute légalité et sans avoir recours à la fastidieuse et coûteuse procédure du divorce. Juste par quelques jeux d'écriture. En effet, un jeune et brillant restaurateur de manuscrits de la Bibliothèque Nationale, Matouzek dit Matou (Claude Rich) se désole d'être mal marié à une femme qui ne veut pas divorcer et qui ne s'intéresse guère qu'à une chose, la télévision. Au passage, on trouve là une amorce de la problématique du film "la grande lessive" où un prof se désolait de l'emprise de la télé sur ses élèves.

Bien sûr, tous ces sujets paraissent aujourd'hui complètement surréalistes. Et il ne faut surtout pas regarder le film avec nos yeux actuels car on trouverait vite le fond du film comme très daté et très invraisemblable, voire absurde. Il faut au contraire admettre les bases du film et se laisser guider par les personnages qui enchainent des situations amusantes et abracadabrantes avec force dialogues déjantés et savoureux. D'un côté, le preux chevalier, Claude Rich, qui brave les institutions, malin comme un vieux matou, de l'autre la traque policière menée par un inspecteur Leloup (Francis Blanche), plus allumé que jamais, dans le rôle d'un loup qui fonce et ne cesse de se prendre les pieds dans le tapis, avant de hurler de désespoir.

Mocky, mine de rien, à travers ses personnages, nous fait part de son rêve d'une société où on pourrait se jouer des institutions et de la morale afin de réarranger sa vie, de repartir à peu de frais sur un bon pied.

Quand les bien-pensants parlent, on entend l'âne qui braie, disait Saint-Louis, Roi de France.

Évidemment, on ne saura jamais la conformité de la citation. On peut légitimement en douter mais on se plait à imaginer que Mocky parle aussi pour lui qui avait une vie privée pour le moins complexe, que quelques rectifications discrètes des écritures auraient bien arrangé.

Certes, ce n'est pas un grand film mais c'est un film qu'on suit avec plaisir et où on retrouve les nombreux acteurs de la bande de Mocky faisant chacun leur numéro avec brio.


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le 3 juil. 2025

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