Vers 1890: Trois anciens marins dévoyés et leur muse sans pitié, s'adonnent au pillage nocturne des épaves. Ils assassinent deux jeunes naufragées après les avoir violer. Un démon retenu prisonnier dans les ruines d'une abbaye va ramener les malheureuses à la vie pour se venger...
Les films français sur les pilleurs d'épaves sont rares, hormis celui de Charles Brabant ("Les Naufrageurs") tourné en 1958. Rollin nous prévient dès le générique: il s'agit d'un hommage aux films muets expressionnistes d'ou un premier quart d'heure avec une seule réplique.
Si tous les acteurs surjouent, il y a la présence magnétique de Louise Dhour en patronne de taverne à marins bénéficiant du don de double-vue. Ce Gabin en jupons anticipe (parfois trop bien) les catastrophes imminentes. Si il y a de l'érotisme, il est contre- balancé par une poésie morbide due aux inquiétantes virgules sonores de Pierre Raph ainsi qu'un gros boulot à la photo de Jean-Jacques Renon qui magnifie ce cadre sauvage des iles Chausey, situées à 15km au large de Granville.
Rollin nous livre plusieurs bonnes idées ( les hallucinations du capitaine, le cimetière de bateaux, l'oiseau empaillé, le clown chargé d'éloigner des ruines les curieux) Pour paraphraser un confrère critique sur ce site, (Estonius) on baigne en plein fantastique donc les procès en incohérences sont irrecevables mais on se dit qu'avec plus de moyens, Rollin troussait un bon vieux film de pirates à l'ancienne un peu comme faisaient les italiens au début des années 60...