Plan canicule Nº2 "Baignade fortement recommandé !!!" (2/6)


Je le répète, ce n'est pas un accident dû à un bateau, ni à une hélice, ni à un récif de corail, ni à Jack l'éventreur non plus. C'est dû à un requin.



Pour ce nouveau plan canicule avec une chaleur toujours plus intense nous incitant à nous baigner je vais parler du film qui m'a certainement le plus traumatisé et terrifié étant enfant. Pour dire à quel point je fus marqué, il m'aura fallu attendre d'avoir 13 ans pour prendre mon courage à deux mains et me baigner dans cette mer qui me faisait si peur à cause des requins sachant que je vivais en Guadeloupe à Malendure à 30 mètres de la plage.


Le jeudi 27 juin 2019 température 44 degrés, critique 2/6 "Les Dents de la mer".



Prestige et conséquences



Le film d'horreur de Spielberg aura été d'un impact inconcevable pour l'époque comme jamais aucun autre film n'aura pu égaler malgré les années. Peut-être y est-il si bien arrivé en appuyant sur ses propres phobies vu qu'il a une peur panique de la mer et surtout de ceux qu'elle cache.


Le succès fut si surpuissant que Spielberg ainsi que son équipe dont le trio d'acteurs principaux ainsi que le compositeur John Williams (tous peu connus à l'epoque) et son écrivain Peter Benchley devinrent grâce à ce titre des stars mondiales à l'origine du premier blockbuster qui marquera à jamais l'histoire du cinéma.


La légende de Spielberg est née !


Génération après génération le long métrage s'avère efficace et terrifiant avec son monde des profondeurs. La peur d'être dévoré par un grand requin s'est propager tel un virus impossible à stopper. Le public fut si traumatisé l'année de sa sortie que le film eu un impact sur les offices de vacances en bord de mer avec tout ce qui l'accompagne, baignade, hôtel... Pour le coup il y eut des conséquences favorables aux vacances en montagne.


Cependant le long métrage eu un impact si fort sur le subconscient des gens qu'il sera malheureusement à l'origine d'un évènement tragique et profondément stupide et injuste, l'éradication des requins.


Un tristre titre pour Spielberg, la face cachée des Dents de la mer.



À présent le film !



La réalisation de Spielberg n'a pas pris une ride et reste encore aujourd'hui efficace, frappante et indémodable. Du culte à l'état pur ! Il faut dire que le récit marque grâce à un sens du suspense maîtrisé à la perfection, engendrant en nous une psychose.


En cela, je commencerai par son atmosphère que l'on doit énormément à la mythique bande originale du grand John Williams à l'origine plus tard de grandes partitions du cinéma comme avec Star Wars, Harry Potter et bien bien d'autres encore, du très très lourd ! Dès l’intro le ton est immédiatement donné grâce à cette surpuissante, pesante, stressante et aujourd'hui mondialement connu ost. Un son d'une tonalité flippante qui confère une tension extrème alliée à la vue à la troisième personne du requin.


La première partie du film joue avant tout sur le stress et la peur de ce que l'on ne voit pas, tout est suggéré. Avec ses vues prisent en dessous des baigneurs où l'on voit la caméra s'approcher de plus en plus des jambes des baigneurs avec un son de crie étouffé, l'angoisse touche à son comble et nous rédies les jambes.


La vue subjective du requin est intelligemment mise en scène. L'on voit très peu le requin se qui joue absolument sur notre imagination ce qui accentue le stress et favorise de ce mettre dans la peau des victimes.


La première partie est ma favorite dévoilant un plan artistique de mise en scène tenant du génie. Bon nombre de séquence sont marquantes mais deux se démarque particulièrement. La première victime du monstre, qui fait partie des scènes les plus marquantes du cinéma. Quant à l'autre c'est avec le pauvre gamin dévoré sur son matelas gonflable où tous sur la plage sont pris d'une panique générale donnant un véritable impact à la peur viscérale.


Un véritable coup de poing de mise en scène !


Pour la deuxième partie l'action est plus présente car il s'agit de la confrontation. Néanmoins elle n'enlève en rien l'horreur, mieux, elle se transforme en huis clos sur le bateau de Shaw. L'homme face à la bête ainsi que cette étendue, calme, vaste et sinistre mer qui prend à ce moment-là toutes son ampleur. Une longue est cruelle confrontation commence.


Ils sont seules au mondes face au requin perdu dans l'immensité de l'océan.


Coté casting on à droit à 3 acteurs charismatique. Roy Scheider, Robert Shaw, Richard Dreyfuss qui nous en mettrons plein vue du début à la fin. Ils sont à fond dans l'incarnation de leurs personnages, apportant chacun un plus d'authenticité. e


Roy Scheider (Chérif Brody) est celui auquel on s'identifie le mieux vu qu'il est littéralement incapable de faire face aux événements, il a peur et ça se comprend. Il fera tout de même preuve d'un courage incroyable (mon héro d'enfance)face au requin et sera à l'origine de la fameuse citation...



Fais-moi risette saloperie !



Robert Shaw dans le rôle génial de Quint est épatant, certainement idiot, mais convaincant. Il transpire l'authenticité, on croirait voir un vrai pêcheur. Il est à l'origine de bon nombres de scène marquante comme avec sa fameuse chanson servant certainement de catalyseur de stress pour lui.



Au revoir et adieu, jolie fille madrilène
Au revoir et adieu, jolie fille d’Espagne
J’ai reçu l’ordre de repartir à Boston
Et jamais plus je ne reviendrai en Espagne.



Mais le plus marquant vient de son histoire absolument terrifiante sur la prise de fond de L' USS Indianapolis.
https://youtu.be/PuOPEe7_ifM


Pour l'anecdote une femme ayant vu le film Les Dents de la mer à sa sortie au cinéma pris connaissance de la réelle mort de son mari en voyant le film lorsque Quint explique ce qui est arrivé à l'équipage de l'Indianapolis. Après cela elle a envoyé un courrier à Spielberg lui disant que grâce à lui elle savait comment son mari était mort, dévoré par les requins. Super glauque.


Heureusement on peut compter sur les répliques burlesque de Quint pour détendre l'atmosphère.



Chef faites pas la tète, les femmes elle gueulent quand on sort, et gueulent quand on rentre.
Ou encore...
Arrêtez d’vous branler Hooper et réduisez s’il vous plaît.



Vient enfin Hooper par Richard Dreyfuss le jeune aventurier des mers qui semble être le seul à connaître cet adversaire redoutable, quoique... Durant le tournage il semble qu'entre les comédiens Dreyfuss et Shaw ce fut la guerre.


À retenir que le tournage fut catastrophique bateau ayant coulé durant une séquence laissant les comédiens à l'eau, un requin absolument pas fonctionnel défaillant plus qu'autre chose, en retard de tournage cacher au studio, un Spielberg au bord du pétage de plomb, et des comédiens sur les nerfs autant dire qu'il fallait absolument que le film marche au box-office pour pouvoir encaisser tout cela chose qui sera faite, largement faite !


CONCLUSION:


Les Dents de la mer est une oeuvre particulière à la fois fascinante et terrifiante mais par-dessus tout admirable et révélateur de plusieurs génies. Une réalisation maîtrisée de bout en bout imparable et frappant à la fois par un Spielberg inspiré qui aura foutu la pétoche au monde entier, et 40 ans après les gens ont encore peur !



Jamais la peur du requin ne s'effacera complètement lors des baignades en mer car dans un coin de notre cerveau Jaws et sa maudite musique finissent toujours par ressurgir. Bravo Spielberg!


Le 27 juin 2019

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43 commentaires

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