Au service secret de Sa Majesté n’est malheureusement pas le triomphe escompté et George Lazenby décide de se retirer, sur les conseils avisés de son agent, de la saga après un seul opus. Les producteurs, inquiets pour l’avenir de la licence, arrêtent, après quelques essais de distribution infructueux — Burt Reynolds, Adam West, John Gavin —, leur choix un dernière fois sur Sean Connery pour la coquette somme de 1,25 millions de dollars. C’est statué, tout est mis en place pour réitérer le succès de Goldfinger à commencer par l’embauche de Guy Hamilton à la réalisation. Les scénaristes imaginent même le retour du jumeau d’Auric Goldfinger assoiffé de vengeance, mais abdiqueront jugeant l’idée trop éloignée de l’esprit des romans de Ian Fleming.
Hélas, malgré toutes les grandes intentions affichées, la reprise de Connery laisse pantois. Peut-être signe des temps, la trame tient de la farce. Toutes les situations à tonalités plus graves sont jouées avec légèreté et un humour très douteux. Bond qui a pourtant perdu sa femme dans l’opus précédent est détaché de tout. Il parcourt nonchalamment des États-Unis dans leur version la plus ostentatoire. Las Vegas et divers déserts californiens sont mis en image pour un dépaysement réduit. Les scènes d’actions peinent à convaincre, par leur atonie. Ni le prégénérique, ni la poursuite dans un Las Vegas de nuit ou encore l’affrontement final apportent satisfaction. L’antagoniste, pourtant porté de main de maître par Telly Savalas dans le précédent épisode, est ici un Blofeld cabotin qui n’hésitera pas à se travestir pour une séquence. Jill St John interprète une receleuse de diamants, malicieuse à souhait et malheureusement autonome qu’une partie du film avant de finir demoiselle en détresse, cruche au possible, dans le dernier acte. Les enjeux sont relativement faibles et éculés, la tension totalement absente — malgré une incinération qui laissait espérer le meilleur — et l’ennui point très vite son nez. Reste quelques compositions de Barry bien senties, mais le tout demeure bien en deçà de celles d’On Her Majesty’s Secret Service.
Bond au petit pied par excellence. Les diamants sont éternels relève de la farce et malheureusement pas la meilleure. Connery n’est plus que l’ombre de lui-même. Le film lasse très vite la faute à une absence totale d’enjeux. Jamais plus jamais.
À lire sur mon site : https://julienschouller.com/critique-les-diamants-sont-eternels-1971