Un an après la mort inexpliquée de son frère, Roberta est de retour au pays. Elle veut connaître la vérité. Henri Calef, bien oublié aujourd'hui était un cinéaste qui ne lésinait pas sur l'atmosphère. Celle de Les eaux troubles est totalement noire, à l'image de son long prologue, sans aucune parole prononcée alors que Ginette Leclerc revient chez elle. La vraie vedette du film c'est le paysage, proche du Mont Saint-Michel, inquiétant avec sa brume et la marée qui assassine ceux qui veulent la défier. L'interprétation, en revanche, laisse à désirer. Massive et outrée, même Mouloudji, en manchot, en rajoute. Ce n'est pas si simple de réaliser une tragédie, la lourdeur menace et le film n'en est pas exempt, loin de là, avec également des maladresses de construction comme ce flashback final véritablement asséné pour faire place à une sorte de happy-end malencontreux et pas crédible.