Pour beaucoup, quand on évoque le nom de Christophe Barratier, il revient immédiatement en mémoire Les Choristes, réalisé il y a vingt-deux ans déjà, et sa chanson phare dont il n'est pas interdit d'être dégoûté, tellement elle a été diffusée.
Cet unique souvenir de vingt-deux ans déjà n'est généralement pas bon signe.
D'autant plus que la filmographie du bonhomme, selon une certaine frange de la critique, elle sent un peu l'encaustique, voire la naphtaline. Pas que ce soit mauvais, loin de là, mais pour un excellent L'Outsider, ou un Envole-Moi, Faubourg 36, Le Temps des Secrets et La Nouvelle Guerre des Boutons viennent rejoindre Les Choristes dans un aspect rétro du cinéma, tandis que le réalisateur n'a jamais fait mystère de ses influences, tendance Qualité Française.
Son dernier film s'inscrit de plein pied dans cette période du cinéma de Christophe, tandis que l'âge d'enfance revient en son coeur pour la quatrième fois de sa carrière. Pour une exploration d'une période sombre de l'Histoire constamment à hauteur d'enfant, parfois tendre, dans le portrait de ses jeunes héros, parfois tragique quand les adultes sont pris dans le tourbillon de la guerre.
Cette focale est d'autant plus évidente que Les Enfants de la Résistance tombe assez souvent dans le didactisme à destination du jeune public, qui ne sera jamais perdu par un certain manichéisme de l'ensemble.
En effet, chaque cliché de l'époque est à sa place, les rôles bien distribués et qui ne dévieront jamais de leur fonction. Pas que cela soit agaçant, l'oeuvre se laissant suivre avec plaisir, mais seulement un peu dommage dès lors que devant ces Enfants de la Résistance, le spectateur ne sera jamais surpris.
La distribution ne le fera pas plus, Artus ou l'habituel Gérard Jugnot s'imposant comme des évidences, tandis que le grotesque Julien Arruti fait tellement tâche que l'on ne se surprend jamais à penser qu'il est finalement très à sa place dans le marasme d'une bande à Fifi qui lui fait constamment une aumône complaisante.
Mais le soudain aspect tragique de la dernière ligne droite du film vient quelque peu secouer l'entreprise. Tout comme, à la sortie de la séance, ce souci manifeste de transmission et cette invitation au sursaut des consciences portée par une jeunesse turbulente qui pose un regard désabusé sur ses aînés, marqués à jamais par l'insécurité d'une époque troublée.
Au point que Les Enfants de la Résistance réussit à faire écho avec notre temps, tout en nous invitant à nous réveiller face à certains sombres retours et aux bégaiements de l'Histoire.
Le didactisme adopté par Christophe Barratier aura eu au moins cela de bon.
Behind_the_Mask, malynx le lynx.