Les évadés faisait partie de ces films que j’ai beaucoup vus, adolescent. Sans doute passait il souvent à la télévision. Et puis nous l’avions en cassette, aussi. Je me souviens que parmi les petits récits que j’écrivais fut un temps (entre dix et treize ans) j’avais donné « Andy Dufresne » comme nom à l’un de mes personnages.


Le film était très clair dans ma tête. Je ne me souvenais pas de tout dans sa globalité ni de l’intégralité de ses enchaînements mais la trame, l’ambiance, la mise en scène, tout cela était intact. J’ai retrouvé le film que j’aimais il y a longtemps. C’est donc une excellente surprise.


En fait, je pense qu’au sein des années 90, Les évadés constitue le film américain classique idéal, le divertissement hollywoodien parfait dans son genre. Bien écrit, bien joué, limpide, sans fausses notes. Un peu comme pouvait l’être Forrest gump avant lui. Des films dont les seuls défauts seraient justement d’être trop écrits, trop limpides, sans fausses notes. Des modèles d’efficacité narrative à l’américaine. Des films qui réconcilient un peu tout le monde. Il en faut aussi.


Avant d’être un film de prison, un film d’évasion, un film sur l’injustice, un film sur le pouvoir, c’est avant tout un film sur la camaraderie, Les évadés : J’y revenais souvent pour cette raison, je crois. Pour voir Red (Morgan Freeman, bordel, quel bonheur là-dedans), Andy, Brooks, Heywood et les autres.


The Shawshank redemption, quel beau titre, n’empêche. Au moins aussi beau que le titre français est pourri, tant il divulgâche volontiers ce que le film garde sous le pied les deux tiers de son temps. On oublie l’évasion. On en oublie même la possibilité et c’est peut-être bien ce qui me plait le plus dans le cinéma américain de cette époque, capable de te faire aller au cinéma pour voir un paquebot couler mais parvenir à te faire oublier un temps qu’il va couler. A ce petit jeu, le twist du film de Frank Darabont est un moment de jubilation absolu, il faut bien l’admettre.


La dernière séquence du film est le point de convergence le plus doux de cette odyssée d’une camaraderie envers et contre tout : c’est une sorte de happy-end parfait, rêvé. Et je pense que le film y gagne : il rappelle qu’il est moins réaliste qu’un récit d’amitié indéfectible. Et le film prend le temps de l’offrir cette fin : il y a cet appartement (« Brooks was here, So was Red »), cet arbre puis cette plage. Morgan Freeman et Tim Robbins sont magnifiques.

JanosValuska
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le 23 juin 2026

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