Une plongée dans les Années folles
Le titre de ce grand classique des années 20 signé Raoul Walsh sonne comme un documentaire façon "tout ce que vous devez savoir sur les Années folles". Et de fait, la narration chronologique qui suit le parcours d'un petit caïd de quartier devenu chef des gangsters, offre un panorama éclairant sur ce que fut cette incroyable décennie : le succès des cabarets, l'avènement du jazz, et toute l'effervescence qui accompagna l'utopie d'un Nouveau monde. Point d'orgue de cette période de tous les excès, l'instauration par le gouvernement de la Prohibition qui loin de tarir la soif des citoyens américains ne fit que l'exalter entrainant l'ouverture de toutes sortes de débit de boissons plus ou moins légaux, notamment les fameux speakeasy que l'on voit dans le film - et surtout faisant les affaires des mafias, trop heureuses de voir une telle manne tomber entre leurs mains.


"Il s'appelait Eddy Bartlett et c'était un caïd"
C'est justement un de ces mafieux, Eddy Barlett, incarné par l'extraordinaire James Cagney que nous allons suivre tout au long du récit. Un personnage dont Raoul Walsh s'applique à cerner la psychologie, insistant notamment sur ses relations à sa mère et sur celles, complexées, qu'il entretient avec son frère ainé. Un désir de reconnaissance, une volonté d'échapper à sa condition sociale déjà incarnés dans un autre film de gangsters de la même époque, l'Ennemi Public. A la différence qu'ici, Raoul Walsh n'enferme jamais son personnage dans la caricature du méchant. Eddy Barlett est certes une crapule voire un salopard sans pitié mais il conserve toujours cette part d'humanité, ce libre-arbitre qui font précisément les grands personnages de fiction.
A noter que les autres figures de ce film sont tous dignes d'intérêt comme Humphrey Bogart en truand opportuniste, Panama Smith (Gladys George) la patronne du cabaret ou encore sa toute jeune rivale, Jean Sherman (Priscilla Lane), tombeuse du tough guy.


Le film s'achève par une gueule de bois générale lorsque le krach boursier de 1929 met un terme aux rêves plus ou moins fantastiques des uns et des autres. Il ne reste plus alors que sa dignité à sauver...
Un excellent film noir.


Personnages/interprétation : 9/10
Histoire/scénario : 8/10
Mise en scène/photographie/musique : 9/10


9/10 <3

Theloma
9
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le 20 nov. 2019

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Theloma

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