Derrière le thriller politique, passionnant et tourné comme une expérience hypnotisante par sa lenteur et son traitement sonore tout en infrabasses, Jonathan Millet signe le portrait fragile d'un personnage mystérieux dont il analyse l'errance et la perte de sens comme corollaire à celle de la vérité.
Et dans ce récit d'une vie froissée par l'horreur humaine, il préfère, au récit de vengeance en recherche constante du contre-effet, la sensualité troublante de ses comédiens (Adam Bessa en tête, révélation absolue), des peaux et des voix. Faisant de ces Fantômes une œuvre hybride et susurrée malgré sa tentation à une froideur et une épure parfois trop prononcée.