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le 26 juin 2024
SuivreBourreau des corps
Hamid dit qu’il cherche son cousin. Ensuite il dira qu’il cherche un ami. Ensuite encore on comprendra qu’il traque son bourreau. Celui qui, pendant des mois et des mois, l’a torturé dans la prison...
Hamid (Adam Bessa) est un réfugié Syrien qui traque les criminels de guerre ayant sévi à la prison de Saidnaya. Installé à Strasbourg, il s'intéresse à un étudiant qu'il pense être son ancien bourreau, Harfaz (Tawfeek Barhom).
Nous suivons le personnage principal qui est confronté à l'impossibilité de se reconstruire une vie normale après l'horreur de la guerre et la perte de ses proches. Il devient entièrement absorbé par la traque du bourreau de Saydnaya. Même en Europe, tout rappelle la violence du régime, depuis les réunions clandestines tenues depuis une partie de FPS en ligne, jusqu'à la crainte permanente de tomber sur un partisan du régime réfugié à l'étranger.
Le film dévoile par touches l'histoire de Hamid, d'abord par la scène d'ouverture de la libération de prisonniers en plein désert, qui revient à une quasi condamnation à mort. Au fur et à mesure des échanges où il dit chercher un ami ou un cousin, des entretiens avec l'administration française (très belle scène où l'on dévoile les sévices physiques qu'il a subis), et des discussions avec les autres membres de son groupe secret, nous découvrons peu à peu son parcours tragique.
Le parallèle morbide entre les deux personnages est très bien mis en place, entre un Hamid réservé et dont l'esprit reste accaparé par les horreurs vécues en Syrie, et un Harfaz qui semble allant et sympathique qui parvient à reconstruire sa vie en France. Le paroxysme de cette opposition a lieu lors de la très troublante scène du déjeuner dans le restaurant libanais.
Au-delà de cette scène, j'ai été touché par les échanges pudiques et les mensonges pieux entre Hamid et sa mère depuis le cyber café.
Inspirée d'une histoire vraie, cette plongée dans un espionnage low cost est particulièrement bien réalisée et donne envie de découvrir dans les années à venir la réalité de l'engagement de ces Syriens depuis l'ombre.
Créée
le 1 juin 2025
Critique lue 10 fois
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