Sightings: Heartland Ghost serait insignifiant, téléfilm correctement exécuté et interprété mais dépourvu de personnalité propre, s’il ne constituait pas la transition – ou au moins l’une d’elles – entre le fantastique paranormal tel que popularisé par Poltergeist (Tobe Hooper, 1982) – et l’épouvante de surveillance tel qu’il sera popularisé, cinq ans plus tard, par la saga Paranormal Activity (Oren Peli, 2007). L’omniprésence des caméras, justifiée par le recours à une équipe de journalistes, s’inscrit dans la mouvance du found footage qui rencontre un franc succès depuis The Blair Witch Project (Daniel Myrick et Eduardo Sánchez, 1999) et rappelle la propension du téléfilm à exploiter, rapidement et à moindres frais, une tendance pour laquelle existent un public et donc une demande. Le réalisateur australien Brian Trenchard-Smith déterre non plus les Amérindiens mais un homme afro-américain, s’attaque à l’une des zones d’ombre de l’histoire américaine en tenant un discours consensuel quoique louable. Pourquoi pas.