Dans un théatre de province suédois, trois actrices jouent dans une pièce nommée Lysistrata d'Aristophane. Au fur et à mesure, elles vont se rendre compte des similitudes entre leurs vies personnelles et leur métier, et vont ainsi se révolter contre le machisme ambiant, au point que révéler leur féminisme est vu comme un crime de lèse-majesté.
Œuvre contestataire et d'une grande liberté, avec trois excellentes comédiennes, Bibi Andersson, Gunnel Lindblom et Harriet Andersson qui ont d'ailleurs tourné avec Ingmar Bergman, tout comme la réalisatrice, Les filles est clairement un film féministe. La narration se veut éclatée, à l'image de son audace, et toute l'histoire va être celle de femmes qui veulent devenir elles-mêmes et non plus les femmes de. Cela passera par des railleries, des moqueries, mais c'est parfois filmé comme un combat, avec ce noir et blanc étrange qui donne l'impression d'aveugler, mais je trouve ça intéressant, car ça pourrait être quelque chose de contemporain, et non film suédois de 1968.
D'ailleurs, la scène finale, sur fond de banquet, est un énorme pied de nez aux conventions sociales, avec un très beau discours du personnage de Bibi Andersson, et tout cela avec le sourire.
Je ne sais pas si le film a eu un impact sur la société suédoise, mais le style est clairement inspiré de la Nouvelle Vague, avec cette caméra portée. Et même si la forme a parfois de quoi décontenancer, c'est avant tout une oeuvre de révolte, qui doit être prise comme tel.