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L'affiche de Les filles d'Avril est belle et attendrissante : en bord de mer, une femme protège de ses mains le ventre de sa fille enceinte. Image idyllique qui ne s'accorde guère avec la personnalité de Michel Franco, le cinéaste des relations toxiques et du malaise (Daniel & Ana, Despues de Lucia, Chronic). Un cinéaste aussi violent que son compatriote Amat Escalante (La région sauvage) mais d'une manière différente, moins physique et plus psychologique. Les filles d'Avril développe sa toile autour de l'instant maternel (sic) entre une adolescente de 17 ans et sa mère qui l'est sans doute un peu restée dans sa tête (adolescente). Le personnage que joue la magnifique Emma Suarez (la Julieta d'Almodovar) est-il dérangé et monstrueux ou simplement en quête d'amour ? Tout cela à la fois et la narration sèche de Franco, avec de larges ellipses, semblant laisser toute latitude au spectateur de construire sa propre interprétation. La chose est singulière d'ailleurs : cette liberté qui nous est donnée est illusoire étant donné le dispositif narratif arachnéen que le réalisateur a mis en place, transformant peu à peu son film en thriller suffocant, jusqu'à un dénouement acrobatique et ouvert. Le film n'est pas parfait, on peut le trouver d'une austérité trop marquée et parfois déconcertant dans les décisions prises par les différents protagonistes. Et deux personnages, celui du jeune père, terriblement passif, et de la soeur, en surcharge pondérale et quasi mutique, auraient pu être davantage développés. Autant de petits regrets qui ne remettent pas en question l'intérêt de Les filles d'Avril. On évitera juste de parler de plaisir car le tout est indubitablement inconfortable.

Cinephile-doux
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le 3 août 2017

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Cinéphile doux

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