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le 7 févr. 2026
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Un truand évadé prend en otage une jeune femme qui passait en voiture et lui demande de soigner sa blessure avant de perdre connaissance. Elle le ramène dans la maison qu’elle partage avec sa...
Un truand évadé prend en otage une jeune femme qui passait en voiture et lui demande de soigner sa blessure avant de perdre connaissance. Elle le ramène dans la maison qu’elle partage avec sa compagne…
Eddy Matalon a manifestement vu « Les Proies » de Don Siegel, chef-d’œuvre trouble et pervers du cinéma américain. Le point de départ est quasiment identique : un homme blessé, en fuite, recueilli par des femmes dans un espace clos, et un jeu de séduction qui se transforme en rapport de domination. Mais la comparaison s’arrête là. Là où Siegel construisait un huis clos vénéneux d’une grande ambiguïté morale et sexuelle, Matalon se contente d’une imitation lourde et sans relief.
Le principal problème tient d’abord au casting. Alain Saury est particulièrement mauvais, incapable de dégager la moindre ambiguïté ou le moindre charisme, et le reste des interprètes peine à exister autrement que comme silhouettes fonctionnelles. Quant à la mise en scène, elle est d’une platitude désarmante : cadrages télévisuels, absence de rythme, direction d’acteurs inexistante. Le personnage de Pierre, macho agressif et vulgaire, n’est jamais travaillé comme une figure de pouvoir inquiétante mais simplement comme un repoussoir antipathique, ce qui ruine toute tension dramatique.
On objectera que le film se situe avant tout dans le registre de l’érotisme d’exploitation, dont l’objectif est de multiplier les scènes de nudité et de rapports sexuels. Mais même sur ce terrain, « Les Garces » échoue largement. Les scènes dites érotiques sont non seulement très mal simulées, mais aussi d’une pauvreté d’invention confondante : à part la position du missionnaire, le film semble ignorer toute autre possibilité de mise en scène du désir. Cette monotonie mécanique, répétée de séquence en séquence, achève de révéler l’indigence de l’imaginaire érotique du film, aussi plat que sa réalisation.
La ressortie du film par l’éditeur Le Chat qui fume, affublée en outre d’un titre encore plus racoleur et plus absurde que l’original — puisque les deux femmes ne sont ni véritablement des « garces », ni encore moins des « mantes religieuses » — laisse perplexe. On peine à comprendre ce qui peut justifier la réhabilitation d’un objet aussi pauvre, qui ne possède ni intérêt esthétique, ni valeur historique notable, ni même l’énergie brute qui sauve parfois le cinéma bis le plus fauché.
Créée
le 7 févr. 2026
Critique lue 17 fois
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