Agréablement surpris par ce road movie mélancolique éclipsée par les mastodontes de la filmographie de Francis Ford Coppola.
Le film commence par la fuite, dans une séquence tout en silence, d'une jeune épouse fraichement enceinte prise d'un vertige existentiel et refusant de se laisser enfermer dans le carcan domestique des années 60. Elle prend sa voiture et roule sans but précis à travers l’Amérique.
On ne peut que saluer l'interprétation magistral de Shirley Knight jouant une femme indécise, parfois cruelle, souvent terrifiée.
Le film bascule lorsqu'elle prend en stop Killer (James Caan), un ancien joueur de football américain devenu neuneu après un choc à la tête. Celle qui avait peur d'être mère se retrouve prise d'affection par un grand gaillard au comportement enfantin. Un instinct maternelle et protecteur va naitre sachant qu'il ne peut survivre seul. James Caan livre une prestation bouleversante, bien loin de l'image de dur à cuire qu'il incarnera plus tard dans le rôle de Sonny Corleone.
Les Gens de la pluie est un film de transition magnifique. C’est le pont entre le vieil Hollywood et le Nouvel Hollywood des années 70. C’est un film qui ne cherche pas à plaire, mais à dire une vérité sur la peur de l'engagement et le poids de la liberté.