Les Grandes Espérances (Great Expectations) est un superbe film britannique réalisé par David Lean, coécrit par Anthony Havelock-Allan, Cecil McGivern, Ronald Neame (producteur du film) et Kay Walsh d'après le roman de Charles Dickens (paru en 1860-61) qui met en scéne (sur un superbe Noir et Blanc de Guy Green) tout d'abord, les rencontres du jeune Pip (joué par Tony Wager) un jeune orphelin vivant chez sa soeur (jouée par Freda Jackson) une femme bougonne, acariâtre et parfois méchante, épouse du forgeron Joe Gargery (joué par Bernard Miles)... dans un cimetière, avec un certain Abel Magwitch (joué par un Finlay Currie... ancien impressionnant) un évadé du Bagne... ensuite, avec Miss Havisham (jouée par l'excellente Martita Hunt) une vieille fille dans sa robe de mariée qui vit comme un Fantome dans une très vielle demeure en compagnie d'une jeune fille adoptée qui se prénomme Estella (jouée par la déjà sublime Jean Simmons) qui est d'une beauté suprême au nom d'étoile et au cœur de glace, dont Pip s'éprend passionnément au premier regard... Avant d’être, quelques années plus tard, Philip Pirrip (joué par l'excellent John Mills) un jeune homme pleine de Grandes Espérances au cotés d'un certain Herbert Pocket (joué par le déjà excellent Alec Guinness) un « jeune gentleman pâle » qui va devenir son meilleur ami et de retrouver Estella (jouée par Valérie Hobson) devenu adulte et qui a d'autres Espérances... Troisième adaptation (et de très loin, la meilleure) du plus beau et plus abouti des romans de Charles Dickens (le treizième de l'auteur qui contient deux fins (l'une optimiste, l'autre pessimiste (la premiere)... Les Grandes Espérances présentent une panoplie de personnages hauts en couleur, qui sont restés dans la conscience populaire : l'implacable Miss Havisham et Estella à la beauté glacée, Joe le forgeron tout raison et bonté, l'oncle Pumblechook (qui apparait a peine dans le film), à la fois débonnaire et desséché, la figure coupante de l'avoué Jaggers (joué par Francis L. Sullivan), celle, à deux facettes, de son double opposé Wemmick (joué par Ivor Barnard... un peu aseptisé dans le film), l'ami disert et sage Herbert Pocket.... Alors que son journal connait une chute dangereuse des ventes, le romancier Charles Dickens décide en 1861 de créer un nouveau roman à paraître en feuilleton. Déjà renommé pour avoir écrit Oliver Twist et David Copperfield, l’écrivain reprend la formule qui a fait son succès en faisant de Pip le narrateur et personnage principal de son livre. Considéré souvent comme le roman le plus abouti de son auteur, Les grandes espérances est adapté au cinéma en 1946 par l’anglais David Lean, qui vient tout juste de se faire un nom grâce au succès de Brève rencontre (1945). Loin de l’intimisme de ses premiers essais, Lean opte ici pour une version luxueuse du roman. Porté par une somptueuse photographie contrastée de Guy Green sublimant les décors grandioses de Wilfred Shingleton (au point d’obtenir chacun un Oscar bien mérité en 1948), le long-métrage de David Lean s’impose comme un classique instantané du cinéma.
Doté de cadrages démentiels, de mouvements de caméra gracieux, Les grandes espérances distille une atmosphère à la lisière du fantastique terriblement séduisante : entre les paysages de lande brumeuse, les cimetières inquiétants ou encore la maison de Miss Havisham comme coincée hors du temps (les horloges sont effectivement arrêtées), le film de Lean nous entraine dans une Angleterre poétique qui marque aussitôt l’esprit. Certes, les retournements de situation du roman sont peut-être un petit peu grossiers, mais le spectateur suit avec un plaisir immense les aventures de Pip, jeune homme qui va tout d’abord renier sa condition paysanne grâce à une fortune providentielle, avant de se rendre compte de son erreur de jugement. Joli conte au sous-texte social, Les grandes espérances a permis de révéler quelques grandes pointures comme la jolie Jean Simmons ou encore le jeune Alec Guinness, tous deux promis à un grand avenir.... Mais c'est surtout (pour moi), le premier grand film de David Lean.... le futur grand cinéaste du Pont de la rivière Kwaï, Lawrence d'Arabie et La Fille de Ryan...

Eric31
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le 14 sept. 2016

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