Ce week-end j'ai eu la chance de redécouvrir ce grand classique dans sa version 4K!
Malgré ses défauts, c'est toujours un plaisir totalement assumé.
Il est indéniable que ce film a vieilli et qu'il ne manque pas de tomber dans certains clichés, malheureusement inhérents au genre du slasher :
-la première victime est une jeune fille blonde, qui a un rapport sexuel juste avant sa mort... mais bien évidemment la final girl est une jeune fille brune qui se refuse à son petit ami.
C'est sûr que de ce point de vue là, Wes Craven ne casse aucun code en 1984, il faudra attendre 1996 et la sortie de Scream pour qu'il signe véritablement le renouveau du genre.
Autre point faible : la final girl. Elle manque de charisme selon moi, et c'est bien dommage car Nancy a du cran et de la suite dans les idées. Elle s'en tire cependant un peu mieux que l'insipide Alice de Vendredi 13, mais elle ne réussit pas à être réellement marquante. Dans les années 80, il était hélas difficile de faire le poids après Sally Hardesty et Laurie Strode.
Malgré qu'il ne soit pas très effrayant, ce film a tout de même énormément de qualités qui en font le classique que tout le monde connait.
Au début des années 80, Wes Craven décide de revisiter le mythe du croque-mitaine. Nous savons qu'il n'existe pas, et pourtant il vit. Il vit dans notre imaginaire et dans l'inconscient collectif, à travers les récits de nos grands-parents et nos peurs d'enfant. Quoi de mieux que les rêves comme terrain de jeu pour donner vie à ce monstre ? Freddy Kruger est né.
Cette idée jamais vue du croque-mitaine nous pourchassant dans nos rêves fait vraiment la force du film ainsi qu'une flopée d'idées de mise en scène particulièrement innovantes :
La langue qui sort du téléphone, les marches gluantes, la scène du bain...entres autres.
Et bien sûr, on ne peut pas parler des Griffes de la nuit, sans parler de celui qui porte le film sur ses épaules : Robert Englund. Il est le visage de cette saga mythique. Contrairement aux autres tueurs emblématiques du slasher, Freddy ne porte pas de masque. Il se démarque par ses expressions faciales, son rire, et sa gestuelle. Il est l'exact opposé d'un stoïque Mickael Myers, dont le visage nous importe peu finalement. Ce qui rend Freddy Kruger unique, c'est le fait que le visage de son interprète est indissociable des films dans lesquels il apparaît. Sans Robert Englund, cette saga ne peut pas fonctionner. (Coucou, l'immonde remake de 2010.)
Et puis c'est toujours un bonheur de voir un acteur prendre du plaisir dans ce qu'il fait. Robert Englund s'en donne à cœur joie. Entre ses mimiques et sa façon de courir, son exubérance est un vrai régal. C'est en grande partie grâce son jeu que ce film est devenu culte.
Malgré des défauts, avec Les griffes de la nuit, Wes Craven prouve qu'il sait faire du cinéma. Et Robert Englund n'a pas fini de hanter nos rêves et nos baignoires.