J'aime bien les films d'enquête. Et si comme moi vous ne connaissiez que les grandes lignes du Watergate, il y a ici le plaisir du puzzle à assembler, le plaisir aussi de galérer à emboîter certaines pièces, d'être dans le brouillard. Les noms s'enchaînent, tout le monde occupe un poste à l'intitulé bien bureaucrate comme il faut, y'a un petit côté Maison qui rend fou. C'est qu'il ne s'agit pas de retrouver qui a pissé sur les rosiers de ma gardienne... M'enfin pour peu qu'on soit concentré on s'y retrouve, et si on veut pas c'est pas grave, le Commissaire Moulin doit encore passer sur TV Breizh.

J'aime encore plus les films d'enquête quand celle-ci est palpable, sensorielle : La caméra qui frôle les feuilles striées de notes (avec un ptit dessin griffonné dans le coin, comme quand je m'emmerdais en cours), le bruit frénétique des machines à écrire, les tournures de phrase retoquées par le boss, les interlocuteurs qui raccrochent au nez, la valse des visites sur le terrain qui démarrent toutes par la même voiture qui sort du même parking pour prendre la même route... Zéro clinquant donc, mais deux plumes déterminées malgré des lauriers plus qu'incertains.

Le film est sobre du coup, collant aux faits réels. Il y mise en valeur des temps de réflexion, notamment lors des points avec le chevronné rédac' chef (Oscar du meilleur second rôle pour Jason Robard) ou la fameuse ombre Deep Throat. Pas de Depardieu-Pierre Richard ni de Riggs-Murtaugh par contre, le coup du tandem antagoniste avec ses vannes reste light. Quant à la menace qui a pesé sur les vrais Woodward et Bernstein, elle est évoquée, mais sans tentative de l'amplifier à l'écran. On reste avec nos deux journalistes sympas et intègres, sortes de Starsky & Hutch version scouts, flanqués d'un cravaté psychorigide en guise de Huggy les bons tuyaux (un autre surnom qui irait bien à Linda Lovelace, au passage), et c'est bien aussi comme ça.
VilCoyote
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le 1 janv. 2014

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VilCoyote

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