Lorsque j'ai vu ce film, j'ai baillé. Et puis, je ne savais pas quoi en penser, et puis, quand tout était fini, j'ai ri.
J'ai ri mais pas une seule fois de cette caricature de la vie. Et je n'ai trouvé ça encore moins cinématographiquement intéressant.
Pourtant, j'adore les films a sketchs. Mais pas celui là. Alors que s'est-il passé ?
Je crois que le regard sur l'infidélité est à peu près le même dans chaque sketch: un point de vue d'homme occidental (Parisien en plus) confronté exactement au même problème d'une classe moyenne banale. Si on voulait montrer que tous les hommes étaient les mêmes, mieux aurait valu prendre des hommes de tout horizon géographique et social. Si on voulait démontrer que l'infidélité pouvait être interprété différemment au cinéma selon la culture du réalisateur, il fallait prendre des metteurs en scène avec un style et une culture radicalement différente.
A l'instar des petits mouchoirs, c'est un film de potes. Ecrit pour se faire plaisir, ce type de film oublie ce qu'il peut apporter au cinéma. Rappelons que le film à sketchs est l'équivalent de l'essai, ou du recueil de nouvelles, ou ça doit au moins être drôle. J'ai du coup détesté ce film car il ne démontre rien de tout ça. La question qui reste en suspend : pourquoi avoir fait ce film ?
Je me souviens de la promo lourdingue de Dujardin (qu'on voyait partout à ce moment-là car il venait d'être oscarisé), où lui-même disait qu'il avait écrit, produit et réalisé (en partie) ce film avec son pote Lelouche pour s'amuser. S'amuser, oui, c'est une partie du plaisir de faire ce métier, mais pas oublier l'essence même de ce qui fait le film à sketchs : l'essai, l'innovation, le point de vue.