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Man of steel: film en papier au premier degré

Je rentre dans la salle, assez enthousiaste. Après tout, il s'agit du plus grand des super-héros. Et après tout, je suis les histoires de DC comics et Marvel depuis que je suis tout jeune. Si j'avais été au théâtre, le rideau se serait ouvert. Mais là, la musique de Hans Zimmer envahie mes tympans. Le film passe, et plusieurs questions me restent en travers de la gorge :

Y'a-t-il besoin de voir mourir son père en faisant un acte héroïque (sauver un chien) pour devenir soi-même un héros ?
Oui s'il est américain.

Un Super-Héros doit-il aimer le football (et le cacher) pour devenir super-héros ?
Oui, s'il est américain.

Le plan machiavélique du général Zod peut avoir du sens. Mais pourquoi l'expliquer brutalement à Superman sans le manipuler d'aucune façon ? Un général avec la subtilité d'un buffle ? C'est ça la notion de suffisance chez Snyder ?

Y'a-t-il besoin que Superman croit en Dieu pour être Superman ?
Oui, s'il est américain. Ce n'est absolument pas un thème majeur de la saga de Superman, pourtant le film revient sur ce point à trois ou quatre reprises.

Le rapport à la science est étrange. Exemple :

Scientifique du Pentagone :
"Oh mon dieu (encore dieu) ! c'est de la terraformation.".

Troufionne :
"Qu'est-ce que c'est"

Scientifique du Pentagone :
" Un procédé planétaire permettant de modifier l'atmosphère et la topographie de la terre.".

Ainsi, le professeur avait préparé sa définition sur la terraformation (un mot pas du tout scientifique n'existant que des les fictions SF) avant d'aller au briefing... Et puis ils enchaînent :

Troufionne :
"Que va-t-on devenir, nous ?".

Scientifique du Pentagone :
"Si j'en crois ces analyses, il n'y aura plus de nous".

Ainsi, il y a eu, le temps du dialogue, des analyses en deux secondes et demi sur un dispositif extraterrestre installé à deux endroits opposés du globe ?

D'autre part, là où les parents de superman étaient des paysans apprenant les valeurs simples d'une vie bien menée et aimante à Clark, ils sont ici des humains conscients que la différence de leur fils devrait provoquer son rejet et conscient que le monde n'est "pas prêt". Dans la version originale, peu importe la force de Clark. Peu importe également son origine extra-terrestre. Ses parents sont aimants, un point c'est tout. C'est naïf, mais cela explique la psychologie de Superman.
Dans le film de Snyder, l'épaisseur psychologique de Superman est égal à celle d'une feuille de papier. Ses parents voient en lui un Dieu à venir ! Je rappelle que c'est ce que les rois absolus, les pharaons, pensaient de leurs enfants. Un tel climat psychologique aurait dû influencer Clark Kent vers une voie moins héroïque que le film lui fait choisir. A force de banaliser la superforce de leurs personnages mythiques, les films de studio les rendent ridicules. Avoir une superforce nous rendrait bien différents des autres humains.

Pourquoi centrer le film sur de l'événementiel et pas du fond ? Pourquoi un si grand pourcentage de scènes d'action? Car, là où le film n'est plutôt pas mauvais : le côté mythique de l'action, porté par une musique efficace. Quel dommage que nous soyons dans une succession d'actions grandiloquentes pour expliquer l'importance d'un super-héros comme superman ! D'ailleurs cela impose une contradiction évidente : Superman souffre à détruire un homme (ZOD), mais l'affronter en détruisant des gratte-ciels peuplés, ça pas de problème. Décidément, Superman a d'étranges priorités. Peut-être que cela révèle un problème plus grand que Snyder a bien voulu montrer : Superman est avant tout centré sur lui-même. Sur sa propre conception du bien et du mal. Il est centré sur son image, celle qu'il veut donner au monde. Dans ce thème-là, il y aurait eu quelque chose à faire d'intéressant. Mais le film n'a pas suivi cette voie. D'ailleurs, le vrai problème du film : mettre le doigt sur le fait que les politiques, les gouvernements ne sont rien. Il y a un rapport entre le journalisme et Superman direct, sans passer par la case du politique. Or, dans la BD superman, et tous les dérivées Justice League, on suit exactement le chemin inverse. On tend à réduire la part d'importance de Loïs Lane pour expliquer comment Superman pourrait cohabiter avec un monde de plus en plus globalisé et organisé.

TOUT de même quelques points positifs :
- Le rapport superman/soleil très cohérent dans le film.
- Le rapport aux dégâts que cause superman : il détruit tout derrière lui tellement sa force est grande.
- Superman est superman avant d'être Clark Kent

J'aurais pu écrire un papier sur ses derniers points positifs. Toutefois, je les trouve mineurs face aux différentes contradictions que le film impose.
BorisKrompholtz
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le 10 nov. 2013

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Bob Bob

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