Une comédie policière au concept ludique, qui évoque des films tels que "Sleuth" de Mankiewicz ("Le limier", sorti l'année précédente), "Deathtrap" de Sidney Lumet, ou encore "Murder by Death" de Robert Moore, et qui s'adresse notamment à ceux qui ont adoré plus récemment "Glass Onion" de Rian Johnson, qui partage plusieurs éléments scénaristiques avec "The Last of Sheila".
D'ailleurs le coscénariste du film, Stephen Sondheim, effectue un caméo au début de "Glass Onion" - parmi les 4 références du polar qui apparaissent en split-screen lors de la visioconférence avec Benoît Blanc.
Afin d'apprécier pleinement le film d'Herbert Ross, il vaut mieux en connaître le moins possible sur son intrigue tarabiscotée : disons simplement que James Coburn incarne un richissime créateur de jeux, qui invite son groupe d'amis déclassés - tous issus du microcosme hollywoodien - pour une croisière en Méditerranée, avec l'intention manifeste de les mettre à l'épreuve. Il y a de la manipulation dans l'air, mais jusqu'à quel point?
Herbert Ross peut s'appuyer sur une distribution de prestige pour incarner cette galerie de personnages superficiels et intéressés : grâce à l'aura de James Mason, Richard Benjamin, Ian McShane ou Raquel Welsh, ces individus peu recommandables n'apparaissent pas forcément antipathiques. Pour ma part, j'ai ressenti une préférence marquée pour Dyan Cannon, parfaite en agent d'acteurs vieillissante mais encore diablement sexy, sorte de bimbo/cougar avant l'heure...
Certains trouveront sans doute le film bavard et longuet, mais les amateurs de whodunit et de murder parties y trouveront forcément leur compte, d'autant que les décors du sud de la France constituent un magnifique écrin pour ces manipulations criminelles - représentation transparente de l'industrie hollywoodienne qui pervertit ses serviteurs.