Ce film est probablement une des meilleures adaptations de Bret Easton Ellis, justement parce qu’elle comprend ce qui fait le charme étrange de ses romans : cette impression de vide permanent derrière les fêtes, le sexe, l’ironie et les conversations absurdes. Le film réussit à garder toute cette froideur désabusée, mais sans devenir prétentieux ou simplement provocateur.
Ce qui est assez drôle, c’est que le roman est censé se dérouler dans les années 80, alors que le film assume complètement une esthétique du début des années 2000. Normalement, ce genre de décalage aurait pu trahir l’esprit du livre, mais ici ça marche presque naturellement. Les personnages de Bret Easton Ellis semblent appartenir à toutes les époques à la fois : ils sont paumés, narcissiques, incapables de créer de vrais liens, et le film capte ça parfaitement.Il y a aussi quelque chose de très vivant dans la manière dont le film est monté. Certaines scènes s’enchaînent de façon presque chaotique, puis tout à coup une séquence devient mélancolique sans prévenir. Les jeux de narration, les accélérations, les retours en arrière donnent au film une énergie très particulière, comme une longue soirée étudiante dont les souvenirs reviendraient par fragments.
Et honnêtement, une grande partie du charme vient de l’OST.
Je sais que l'oeuvre n'est pas franchement appréciée, mais j'ai trouvé le travail de Roger Avary intéressant, comme s'il n'avait pas été obligé de se brider ou presque... La séquence du voyage en Europe de Victor Ward (héros du roman Glamorama) a fait l'objet d'une version longue et jamais diffusée à ma connaissance : Glitterati.
Bref, bien meilleur en tous points que l'adaptation d'American Psycho.