Si la période la plus remarquable de Kaneto Shindô se situe dans les années 60, avec notamment L'ile nue et Onibaba, ses films de la décennie précédente, moins connus, ne sont pas à négliger. Loup est ainsi un vrai morceau de cinéma, dans une veine proche du néo-réalisme, qui dépeint le sort des plus défavorisés dans le Japon de l'après-guerre. Ce drame du dénuement débute par le braquage d'un fourgon postal avant un flashback qui montre par le menu comment 5 vendeurs d'assurances-vie sont devenus bandits d'occasion. Le film explique qu'une seule alternative leur était promise : voler ou se suicider. Une tragédie mise en scène avec la plus grande humanité possible, avec peu de place pour le misérabilisme, à quelques scènes près, quand même.