Deuxième long-métrage d’Alice Rohrwacher, “Les merveilles” est un film qui nous montre le quotidien d’une famille d’apiculteurs composés qui vivent dans une ferme, loin des villes.
J’ai vraiment apprécié la manière dont est filmé la vie de cette famille. Le fait que les mouvements de caméra ne soient pas des plus adroits donne une dimension naturaliste au film ce qui me semble être un très bon choix lorsque l’on décide de filmer une famille dans ses moments de vie (que ce soient les moments joyeux ou les disputes). Cette famille est modeste, mais Alice Rohrwacher a le mérite de ne jamais tomber dans le pathos ce qui est le risque lorsque l’on montre aussi longtemps une famille pauvre à l’écran.
Il y a bien un événement qui va un peu bouleverser leur quotidien. L’arrivée dans leur région d’une émission télévisuelle qui organise un concours d’agriculteurs. Lors de l’émission finale, le film va esquisser, brièvement, un discours sur le décalage entre le monde rural et le monde citadin via l’apparition télévisée du père (qui n’avait déjà pas envie d’être là) lors de l’émission, où il semble totalement largué, n’ayant pas les codes pour bien figurer dans ce genre de contexte. Le décalage est trop montré du doigt par la mise en scène, ça tombe d’un coup et ce n’est pas assez subtil.
J’aurai également des réserves sur la relation entre la plus grande fille, Gelsomina, et le jeune garçon en réinsertion, Martin (qui n’a pas dit un mot du film), qui m’a semblé être faite pour donner un développement à Gelsomina, tant leur relation me parait incompréhensible dans sa construction.
Malgré ces quelques réserves, j’ai quand même apprécié ce film qui montre, malgré toutes les difficultés et les disputes, l’unité de cette famille qui tient et qui reste soudée.