Je ne connais pas trop Terrence Malick. Je n'avais vu que Tree of life avant de regarder les Moissons du ciel. Et déjà, ce que je peux dire, c'est que l'ami Terrence est un sacré prodige de la caméra.

Les Moissons du ciel, c'est un film que je n'aurais pas dû aimer, et le problème, c'est que je l'ai quand même trouvé bien. Pourtant, il avait tout pour ne pas me plaire : des acteurs avec des têtes de gentils petits anges, une histoire d'amourette avec un peu de trahison, le tout avec une goutte d'eau de rose, et, en plus, pas d'action, c'est lent, on dirait qu'il ne se passe rien. Le fond? Juste une histoire de moissons au début du XXème siècle, rien d'extraordinaire. Mais...mais... comment se fait-il que je ne me sois pas ennuyé? Pire encore, comment se fait il que je l'aie vraiment apprécié? Pourquoi? Quelle est donc la recette de ce film?

J'ai essayé de me l'expliquer. Et j'en suis arrivé à cette conclusion : c'est beau. Il n'y a pas un plan qui ne soit pas contemplatif, la photographie ne pouvais être plus parfaite. On sent que chaque scène, chaque séquence à fait l'objet d'un travail de fou pour réussir à obtenir un rendu pareil. Et parmi toutes ces scènes, il y en a deux qui sortent du lot : une au début, une vers la fin, sublimées par un air de guitare signé Ennio Morricone.

C'est beau, et, forcément, le tout prend une tournure poétique. On essaie de résister, puis on se laisse emporter. On se laisse emporter par la douce voix off, celle de la petite sœur de Richard Gere. On se laisse emporter par ce train, à l'image des protagonistes, et pourtant ce n'est qu'un train, rien d'extraordinaire. On se laisse emporter dans ce magnifique champ de blé, et pourtant, ce n'est que du blé, juste des p***** de céréales! On se laisse emporter par cette rivière, et pourtant, elle est sacrément boueuse, l'eau doit être dégueulasse.

C'est bête, mais ça ne dois tenir qu'à ça. Pour le reste, je l'ai dit, c'est un peu à l'eau de rose, on pourrait presque s'ennuyer. Malick devrait obtenir une récompense pour avoir réussi le tour de force de faire un bon film, alors que c'était vraiment loin d'être gagné.

Créée

le 3 juin 2013

Modifiée

le 3 juin 2013

Critique lue 389 fois

KoalaLeNicolas

Écrit par

Critique lue 389 fois

4
3

D'autres avis sur Les Moissons du ciel

Les Moissons du ciel

Les Moissons du ciel

10

Aurea

540 critiques

Une vision panthéiste, une ode élégiaque à la nature

Il paraît que ce film, pourtant récompensé à Cannes à l'époque, fut un échec commercial, ce que j'ai du mal à croire tant je suis encore sous le choc d'une réalisation qui est un véritable poème...

le 1 août 2011

Les Moissons du ciel

Les Moissons du ciel

8

Sergent_Pepper

3172 critiques

Au commencement étaient les herbes

Il fut un temps, aujourd’hui reculé, où Malick racontait des histoires. Revenir aux origines de son cinéma, avant la grande ellipse de sa carrière et son retour désormais un peu trop prolifique,...

le 9 janv. 2016

Les Moissons du ciel

Les Moissons du ciel

10

Nushku

158 critiques

East of Eden

Days of Heaven se savoure comme un poème mis en image. L'histoire est simple, certains diront simpliste, changée en cours de tournage. Elle est tout en suggestions, en non-dits et il est fréquent de...

le 7 déc. 2010

Du même critique

Barberousse

Barberousse

10

KoalaLeNicolas

91 critiques

Ceci est la preuve scientifique que Barberousse vaut 10/10

Je vais ici vous prouver scientifiquement que Barberousse vaut 10/10. C'est le résultat d'une étude scientifique, c'est donc irréfutable. Soient H1, H2 H3 et H4 les quatre hypothèses que nous...

le 27 mai 2013

Brazil

Brazil

10

KoalaLeNicolas

91 critiques

Vlan! Vlan! (Bruit d'un claque cinématomachin)

Du papier. Brazil, c'est avant tout un moment de franche rigolade. Terry Gilliam nous met à disposition une panoplie de gags en pagailles, si bien qu'on ne sait plus où mettre la tête. Des moments...

le 11 août 2013

Gravity

Gravity

8

KoalaLeNicolas

91 critiques

Interview de ...

Avant de commencer, que l'on mette les choses bien au clair : si je ne suis pas réellement schizophrène, j'en aurai peut-être l'air par la suite, puisque je vais m’interviewer moi-même. Ce n'est...

le 29 oct. 2013