Excellent documentaire sur ce maître si tourmenté et si inspiré de la Science-Fiction, un personnage hors norme, agoraphobe à ses heures perdues et d’une empathie extraordinaire pour tout ce qui a trait à l’humain, l’humain si perfectible et son futur qui vont droit dans le mur au fil des innombrables dystopies de l’écrivain.
Je connaissais pas mal de choses sur sa vie mais j’en ai appris de nouvelles dans ce documentaire qui rassemble moult interviews de ceux qui l’ont connu et cotoyé. Comme le souligne si bien le commentaire, Philip n’aura jamais connu la célébrité de son vivant : il est mort en effet juste avant la première de Blade Runner aux Etats-Unis.
Comme tant d’autres lecteurs qui le connaissent rétrospectivement après avoir dévoré ses oeuvres bien des années après sa disparition (quoique… quelques années pour ma part puisque c’était vers 1990 que j’ai commencé) j’ai éprouvé un pincement au coeur : Philip K. Dick n’avait que 54 ans et avait pourtant déjà produit un grand nombre de chefs-d’oeuvre. Il la méritait cette célébrité, il méritait de vivre son succès pleinement… mais comme dans ses livres (ou l’extrême majorité d’entre eux), la « happy end » n’arriva jamais…
On apprend d’autres choses très intéressantes sur cet homme quelque peu excentrique (au sens propre, décalé du centre… et de la norme) comme son agoraphobie -déjà mentionnée plus haut et qui n’étonne pas vraiment !- et sa dépression, dépression que l’on subodorait déjà dans ses derniers écrits, son obsession de la liberté et de la tolérance, sa lutte contre l’imposture et le mensonge, fussent-ils d’Etat.
Bref, un documentaire-hommage fort bien illustré et passionant, définitivement incontournable pour les amateurs -je le clame carrément- du plus grand écrivain de SF de tous les temps, passés et à venir !