Une jeune fille est arrachée à un bouge immonde par le mystérieux Rodolphe, qui n'est autre que le grand-duc de Gérolstein à la recherche d'une enfant qu'il eut d'une de ses anciennes liaisons. Des multiples versions du grand feuilleton d'Eugène Sue, celle de Jacques de Baroncelli est sans nul doute celle qui lui est la plus fidèle (bien plus que celle, médiocre, d'André Hunebelle avec Jean Marais). Néanmoins, la tâche est impossible : comment raconter une histoire de plus 1300 pages en 85 minutes ? Le film respecte le pittoresque de la description des bas-fonds mais ne peut guère qu'effleurer l'intrigue, trop riche, raccourcie ici à quelques éléments de mélodrame et à une action trop hâtive, notamment vers la fin. Qui plus est, l'interprète principal, Marcel Herrand, ne semble pas très à l'aise, contrairement à son compère, l'excellent Noël Coëdel. Outre le petit rôle anecdotique de Jean Carmet, on remarque surtout la prestation des personnages les plus ignobles et en particulier celle de Germaine Kerjean.