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La crainte est légitime : Disney ayant dévoré Marvel, le voir intégrer à ses propres films d’animation la franchise peut faire redouter le pire. Des chansons chez les super héros, des cupcakes de l’espace et de la guimauve en 3D, tout ça.
De tout cela, nulle trace. Il est évident que le géant de l’entertainment a su tirer les leçons du succès croissant de ses concurrents, Pixar, bien sûr, mais surtout Dreamworks.
Les nouveaux héros est un film léché, assez parfait dans son animation, et qui sait tirer parti de tout ce que la technologie ne cesse d’accroitre ces dernières années. La ville, mix assez sympathique de San Francisco et Tokyo, est particulièrement attrayante et les séquences de voltige au-dessus d’elle figurent parmi les morceaux de bravoure du film. Le monde parallèle final occasionne lui aussi des expériences visuelles vraiment réussies, et donne enfin un peu de sens à la 3D.
Comme dans toute introduction de ce qui deviendra à n’en point douter une franchise, la genèse des héros fait tout le sel du récit. Celle-ci fonctionne pleinement dans la découverte du fameux robot Bibendum Baymax, dont le potentiel comique est bien exploité, gros dadais aussi maladroit qu’efficace.
La suite, malheureusement, passe sous le rouleau compresseur des attendus archétypaux, avec cette idée toujours en vigueur qu’il faut à tout prix digérer et redistribuer ce qui a marché ailleurs. La bande de personnages qui se constitue particulièrement dénuée d’âme, n’est qu’un support à des inventions technoïdes certes amusantes sur le plan graphique, mais galvaudées, remix des 4 fantastiques à la sauce teenage. Le catalogue des emprunts est impressionnant : Un méchant qui répand une matière noire protéiforme (Les cinq légendes, Lucy), un jeune garçon qui doit découvrir un nouveau compagnon (Dragons, en moins bien), apprendre à voler en lui créant un harnais (Dragons, en aussi beau visuellement), mais risque de le voir se transformer en méchant (Dragons 2), un personnage qui ne comprend pas les métaphores (Les Gardiens de la Galaxie), une course en apesanteur parmi des débris en 3D (Gravity), et des portes vers des univers parallèles (Stargate)…
Bien entendu, c’est bien là la loi du genre que de se recycler à l’infini au fil des modes. Mais autant la franchise Dragons apporte ce petit supplément d’âme qui lui donne un véritable cachet, autant cet opus tient peu la distance dans la caractérisation des personnages, voire le script lui-même, relativement bâclé.

On peut tout de même considérer Les nouveaux héros comme une assez bonne nouvelle dans la galaxie Disney : le studio s’adapte à son époque et sait comment exploiter les milliards dont il dispose pour une animation digne de son nom. Reste à engager de véritables scénaristes qui ne soient pas inféodés aux lois du marché pour pleinement satisfaire le spectateur un brin blasé de ces sempiternelles formules.

il y a 7 ans

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6 commentaires

Les Nouveaux Héros
Asarkias
4

Les nouveaux Scénaristes : les gars du département marketing ?

Je ne suis pas vraiment quelqu'un de belliqueux. Je n'aime pas descendre une œuvre juste par plaisir. Le problème c'est que Big Hero 6 m'a profondément bouleversé...attendez vous donc à un avis...

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il y a 7 ans

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Jambalaya
9

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Sergent_Pepper
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Vers Gravity mais en deçà.

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