Big things have small beginnings disait Claude Rains dans Laurence d'Arabie.
L'adage est encore plus vrai un demi-siècle plus tard et ce dans chacune des six ou sept histoires que compte le film.
L'accumulation de petits désagréments, l'humiliation quotidienne, la drame kafkaïen, l'hystérie d'un mariage à peine célébré et déjà voué à l'échec, une trahison amoureuse ou encore des fautes passées résurgentes sont ici les détonateurs de la folie justicière qui va s'emparer des héros du film.
Parfois contrôlée, parfois non, on les sent constamment sur la corde, tantôt prêt à foncer dans le tas et à s'enfoncer dans l'abîme du crime, tantôt à reculer et faire une nouvelle fois le dos rond. Et quand les choses vont trop loin ou qu'elles leur échappent, la peur, l'incompréhension, le doute mais aussi la détermination se lit dans leur yeux.
Dans la scène de l'Audi qui crève par exemple, la troisième du film de mémoire, le conducteur dandy de la dite voiture est aux prises avec un local au volant d'une caisse pourrie. Chacun se provoque successivement et s'attaque jusqu'au point de non retour, dont la fin, sans en révéler les tenants, tient autant du remake ibérique de Délivrance que de la farce mortelle.
L'écriture, tant des dialogues que du suspens, omniprésent, et les interprétations sont exceptionnelles.
C'est jubilatoire et ça fait un bien fou.
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