Le titre est un rien racoleur. Il se justifie uniquement par quelques détours dans un cabaret parisien où l'orchestre du dénommé Camille Sauvage joue quelques airs endiablés. L'unique film de l'inconnu Pierre Franchi est un polar atypique. D'ordinaire, ce genre de série B des années 50 est tournée en noir et blanc; on a droit ici à la couleur et à l'écran large, bel écrin pour un scénario médiocre. L'intérêt de la chose aurait été de filmer Montmartre de long en large et en couleur, mais ce n'est pas le cas.
Autre singularité: Jean-Marc Thibault est séparé de son Roger Pierre et, bien que le film commence sur le mode de la comédie, Thibault joue un personnage de polar, un escroc et voleur bientôt mêlé à un meurtre. Tout de même, les auteurs veillent à ce que le personnage reste positif: ce Robert Verdier dit Bobby méprise la drogue et soigne les accidentés...
Le reste du temps, le débonnaire Louis Seigner mène l'enquête. L'intrigue policière apparait dans un premier temps bien peu rigoureuse; par la suite, elle sombre dans le grotesque. Elle le doit autant à des péripéties grossières qu'à des personnages, de flics, de voleurs, complètement faux. La direction d'acteurs est assez ridicule, du genre où un type est éploré par un meurtre et guilleret le lendemain. C'est sans doute ce qui fait le charme de ce film qui ne trouve sa voie ni dans la fantaisie ni dans le polar.