Où l'on apprend que dans la zone occupée se trouvait une zone interdite -les Ardennes- prison géographique qui conduisait ses habitants à la disette, sinon à la famine. Pour Clovis, comme pour tous ses concitoyens d'un petit village ardennais, nourrir sa famille est un souci quotidien et les précieuses patates, dernière alternative au rutabaga, une obsession.
Avec son étonnante physionomie, Pierre Perret incarne un personnage sans réelle profondeur, compromis de cocasserie et de gravité. On retrouve cette dualité dans le ton général du film qui alterne, parfois sans souci de cohérence, l'esprit du drame rural et la comédie gaillarde. Ce dernier aspect n'est d'ailleurs pas sans rappeler, dans sa représentation des moeurs de la campagne, les rivalités et les jalousies, le ton de "La jument verte" réalisée par le même Autant-Lara (le rôle de Clovis, à cet égard, semble taillé sur mesure pour Bourvil, encore que l'inattendu Pierre Perret s'en tire honorablement). Aussi, à la chronique de l'Occupation se substitue plus particulièrement une étude de moeurs rurales alimentée par un anecdotisme plus pittoresque qu'historique.