Quand le Bis italien rencontre le Z philippin

3 ans après avoir été mis au placard pour un trop gros succès gore (Cannibal Holocaust pour ceux qui ne connaitraient pas), Ruggero Deodato est choisi par Imelda Marcos pour utiliser ses nouveaux studios. Le pire est que ce doit être la meilleure idée qu'aura jamais eu cette criminelle, mais passons...
On lui propose donc un script délirant, pour profiter au mieux d'autres mercenaires italiens du bis de passage, de décors post apocalyptiques et de jungle, et d'une belle brochette de punks.
Le résultat est un film foutraque mais sympa, regardable entre le premier et le second degré.
Il y a plusieurs points positifs :
- le casting italien (Hilton, Rassimov, le jeune Soavi, tous convaincants, et bien évidemment le charme de Marie Fields - Gioia Scola)
- un scénario délirant qui malgré quelques répétitions (attaques de punks) arrive à surprendre le spectateur (trahison d'un membre, statue, façon dont certains des "gentils" meurent...)
- une vraie ambiance macabre réussie, proche des films de zombis haïtiens, à l'arrivée sur l'île,
- un réalisateur roublard qui profite des possibilités des accessoiristes : on pense évidemment au masque que porte Bruce Baron pour ne pas que l'on voit son jeu d'acteur plus que déficient.
Évidemment, ce film n'est pas un chef d'oeuvre. Il aurait déjà été bien mieux si quelqu'un de sobre avait pensé aux tenues des "Atlantéens", et si l'intrigue ne semblait pas à ce point n'être qu'un prétexte à mitrailler des punks. Au moins, si on n'aime pas ces gens, on pourra y trouver son bonheur (rafales de mitraillettes, grenades, cocktails Molotov, et la décapitation du motard...)
Bref, ce n'est pas un vulgaire nanar, mais une série B bien généreuse et distrayante, à reconsidérer.

PS : Je vois sur la fiche que les noms de Mike Monty et Bruce Baron sont affichés en premier. On se demande de quel site (dont la chronique contient quelques erreurs, du moins par rapport à la version que j'ai vue) provient cette bizarrerie. D'ailleurs Mike Monty n'a qu'un rôle anecdotique.
Jibest

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