Les Proies est un film espagnol signé par Gonzalo López-Gallego. Ce long métrage s’inscrit dans la veine du survival. On y suit un homme ordinaire, un véritable monsieur Tout-le-Monde, qui se retrouve soudain pris pour cible.
La force du film réside précisément dans cette simplicité : le héros n’a rien d’un surhomme. Il n’est ni invincible ni infaillible. Lorsqu’il se bat pour sa vie, il demeure profondément humain, capable aussi bien de courage que de lâcheté, de sursauts de bravoure que de gestes désespérés. Le suspense tient justement à cela : le récit expose, sans fard, tout ce qu’un homme est prêt à faire pour survivre. C’est terrible… et pourtant, on pressent que nous agirions peut-être de la même manière.
La dernière partie du film se révèle particulièrement glaçante : le réalisateur renverse habilement le point de vue et nous place du côté des agresseurs. Le malaise est immense, mais cette décision témoigne d’une réelle intelligence de mise en scène.
Les Proies s’impose ainsi comme une série B de haute volée, brutale, dérangeante, et d’une efficacité redoutable.