Cronenberg-Mortensen : Acte II
Retrouvailles londoniennes pour le réalisateur et celui qui, depuis peu, se définit comme son nouvel acteur fétiche, corps malléable, que cette fois-ci Cronenberg pousse à l'extrême dans l'incarnation brut(al)e. Le geste raide, le cheveu trop lisse, Mortensen promène une silhouette de croque-mort et une allure de mafieux qui trouvent leur justification dans un beau "twist" final ; mais même sans cette révélation de bout de course, ce qui précède est suffisamment puissant, saisissant à chaque image, pour maintenir le spectateur dans en tension permanente.
Vincent Cassel montre que, bien dirigé, il peut être très bon ; Naomi Watts est excellente ; tous les acteurs sont à saluer, et au premier rang Viggo Mortensen, sans qui le film n'aurait probablement pas cette épaisseur qu'il semble promener avec lui, habitant chaque scène, irisant le film de la violence contenue puis soudain relâchée qui semble constituer son moteur, son énergie cinétique.
Peut-être moins fort que "A History of Violence", mais un excellent film, sans aucun doute.