- Il y a, premièrement, une certaine fascination que j’éprouve pour les linéarités de Chantal Akerman. Du plan simple d’ouverture, au travelling de la caméra, comme si le mouvement définit était une courbe linéaire. C’est une certaine neutralité adopté notamment dans les profondeurs du champ surajouté au bruit environnant qui redéfinit un certain esthétisme: des individus, certains marqués par les pulsions primaires, d’autres par soucis de voyage; Anna représente cette idée de liberté et repense la question esthétique de ceux-ci: le travail, la famille, la reproduction. Pourtant voilà, si il y a bien au final un misérable parmi eux, c’est elle. Il s’agit d’un fil droit tendu, brusqué lors de brèves rencontres, de « rendez-vous » sans pour autant que l’on ne parte dans des artifices scénaristiques ou filmiques. Cela constitue plutôt ce que Metz appelait un syntagme alternant: les deux existent dans une réalité propre, dans le même espace filmique -repère spatiale-. En ce sens on constate par la même occasion, et sublimé par un plan de fin exceptionnel, qu’Anna n’est que le fruit du pathos des autres ou du sien.

- Maintenant j’ai évoqué une relance sur la question de l’esthétisme: ce que Akerman s’efforce de faire, et non pas seulement dans ce film sinon Jeanne Dielmann ou le très beau Toute une nuit, c’est: premièrement de segmenter le récit, peut être aussi marqué par les fragmentations (rappel historique des deux Allemagne); deuxièmement d’imposer un aplatissement, ou plutôt une égalisation de tout le cadre spatial. Manœuvre habile car elle permet d’éclairer sur ceux dont on parle (je laisse le plaisir d’apprécier), mais aussi la diégèse du tout: s’en suit la capacté d’être pris d’émoi par l’invisible (ou l’implicite). Exemple de la scène ou en direction de la pharmacie, Anna semble avoir pleuré dans le taxi, le tout caché dans l’ombre de la nuit. Ainsi, au lieu d’être permissive sur sa mise en scène pour épurer totalement sa mise en scène, son mouvement pour ce qui, et perpétuellement, une réflexion sur ceux qui est défini comme esthétique ou non…

- Finalement sur le montage, composés de rapprochement temporel profond; c’est par la reviviscence de la mort, la poupée remaniée qu’existe cette dimension si singulière qu’à le cinématographe. Il n’existe plus de réalité (si ce n’est celle qui est monté) ou les personnages se sectionne non plus en action qu’ils effectuent, mais longe le fil: c’est d’ici que le lien et la cohérence de tout le film atteint cette quasi perfection. Parce que bien à l’égard de ce que l’on dit, il n’existe cinéma que par montage: de le spatialité à la temporalité. Ici la matière a mémoire.

gabriel_lctr
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le 9 mai 2026

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gabriel_lctr

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