Notes sur le film : Avec ce film de prison, Don Siegel suit une bande d’individus gris, à savoir ni trop bons ni trop méchants, de sorte que le film, par son propos, n’est pas complètement contre les dirigeants et les encadrants du pénitencier, ni entièrement pour les prisonniers. Si l’on peut être dérangé par l’invraisemblable stupidité des encadrants, stupidité qui fait commodément avancer le récit, Les révoltés de la cellule 11 vaut néanmoins largement plus que son manque de discernement narratif, qui rend assez peu crédible la moitié des péripéties au sein du film. Le cinéaste y développe surtout un discours humaniste, en pointant du doigt les structures étatiques et gouvernementales face au manque de dignité dont souffrent les individus qui y sont enfermés – et qui sont toujours humains, et ont donc droit à un peu de décence. Le film prend même le temps de faire un léger plaidoyer contre la peine de mort, lorsqu’un maton détesté est enfermé dans une cellule en vivant avec l’horrible certitude de sa mort prochaine. Tout en ménageant la chèvre et le chou, Les Révoltés de la cellule 11 brille par son humanisme et par son discours, qui prône plus de justice et de dignité au sein d’un lieu qui est une antichambre de la société : ceux qui s’y trouvent, des prisonniers aux matons en passant par les dirigeants, sont à part entière des membres de la société. Il ne faut pas l’oublier.