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Les Ripoux
La question que je me pose après avoir revu une énième fois ce film (comme les deux autres opus, d'ailleurs) : serait-il possible de réaliser un tel film aujourd'hui sans que la ligue Tartempion ou...
le 13 nov. 2022
Né de l'écriture conjointe de Claude Zidi et Didier Kaminka, Les Ripoux prend place à Paris 18e, dans le quartier de Montmartre. On y suit la rencontre et les aventures de 2 policiers que tout oppose : René Boirond et François Lesbuche.
René est un policier d'expérience, exerçant dans le quartier depuis 20 ans. Fataliste et blasé par son métier, il a toutefois acquis une autorité naturelle par de petits arrangements clandestins avec les commerçants, marchands, malfrats et prostituées qui s'adonnent à des activités illégales. Ce racket quotidien en échange de son silence lui permet de s'adonner à sa passion des courses de chevaux, sur lesquelles il parie fréquemment, souvent avec succès. Il partage sa vie avec Simone, une ex-prostituée.
François Lesbuche est un jeune policier qui arrive de sa province, tout juste sorti de l'école. C'est un idéaliste droit dans ses bottes, plein d'ambitions et de principes. Bien qu'il ne connaisse pas encore le terrain, il se prépare déjà sérieusement à son grand objectif : réussir le concours de commissaire de police.
L'expérience et la corruption de René vont ainsi coexister avec la fraîcheur et la naïveté de François. Les débuts seront difficiles, chacun restant bien solidement ancré dans ses principes et ses habitudes. Puis au gré d'une rencontre-piège " arrangée ", l'état d'esprit des deux personnages va peu à peu changer et une complicité émerger.
Derrière sa vitrine BUDDY MOVIE, les Ripoux est un film à la fois drôle et plein de réflexion sur le système dans son ensemble et ses répercussions sur le métier de policier. La vision idéaliste de François, d'arrêter tous ceux qui enfreignent la loi pour les mettre derrière les barreaux, se heurte à un système défaillant : prisons surpeuplées, justice trop laxiste, injonctions politiques de limiter les arrestations afin de préserver l'image et l'attractivité de l'arrondissement. Bref, faire son métier de flic de manière droite et juste relève ici de l'impossible...
Et c'est là que la vision de René prend tout son sens. Le vieux briscard est un " ripou " certes, mais un " ripou " qui fait régner l'ordre à sa manière. Ses " arrangements " avec ses victimes et la " bienveillance " qu'il peut parfois montrer face aux petits truands apportent de vrais résultats : tuyaux sérieux sur de plus grosses affaires, éloignement des dealers, maintien de ceux qu'il fait chanter sous contrôle... Pour résumer, face à un système bancal, la seule solution réside parfois dans l'illégalité...
Ce scénario bien écrit sert aussi les gags en confrontant tout d'abord les visions et caractères des 2 personnages, puis en montrant la métamorphose de François en élève qui dépasse le maître.
A cette double réussite (scénario et humour) vient s'ajouter une ambiance emprunte d'une certaine douceur, tant dans la mise en scène que dans la musique de Francis Lai, ce qui ajoute de l'émotion au rendu. La scène finale en est l'illustration la plus forte.
Géant du 7e art, Philippe Noiret crève l'écran par sa prestance, dans ce rôle de flic " ripou " plein de sagesse, aux côtés du jeune Thierry Lhermitte, dans l'un de ses premiers rôles plus sérieux.
Côté féminin, Régine assure de façon plutôt convaincante le rôle de Simone, ancienne prostituée désormais compagne de René. Mais si une actrice nous scotche littéralement, c'est bien Grace de Capitani, call-girl de luxe à la fois sulfureuse et touchante face à laquelle on ne peut rester indifférent.
Et puis il y a tous les seconds rôles : Julien Guiomar en commissaire " remis en forme " par le médicament remontant de René, Claude Brosset en cow-boy très américanisé, Michel Crémadès en pickpocket un peu neuneu, Abbes Zahmani en dealer plutôt culotté, Ticky Holgado en malfrat témoin d'une bagarre surprenante dans les bureaux de la police, ou encore Jacques Frantz en proxénète dangereux.
Si le film a plus de 40 ans aujourd'hui, le système qu'il dénonce (prisons surpeuplées, justice laxiste, injonctions politiques paradoxales) est toujours très actuel, à un degré même de plus grande ampleur.
Face à cette triste réalité, mieux vaut-il rester fidèle à tous ses principes ou sortir du cadre pour arriver à de vrais résultats ? La réponse n'est pas si simple...
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le 13 mars 2025
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