La famille Zimmerman a toujours navigué dans les eaux troubles de la combine. Mais, après un cambriolage qui tourne mal, le clan vole en éclats. Trois ans plus tard, le petit-fils sort de prison : l’heure des retrouvailles a sonné, autour d’un objectif commun… et sous l’œil obstiné d’une inspectrice d’assurance qui ne les lâche pas d’une semelle.
Je reste volontairement vague, car Les Rois de la piste de Thierry Kifa regorge de rebondissements savoureux. Ce long métrage attachant se révèle être une comédie policière teintée de mélancolie. Le scénario est d’une grande finesse, les dialogues un véritable délice. La musique d’Alex Baupin est une merveille, la photographie éclatante de beauté, avec des couleurs chaleureuses qui enveloppent le récit. La mise en scène, élégante, manque peut-être d’un soupçon de nerf, mais demeure d’une belle maîtrise.
Le véritable enchantement vient toutefois des acteurs, tous remarquables. Michel Vuillermoz est, comme toujours, impeccable. Laetitia Dosch irradie littéralement. Ben Attal ne cesse de gagner en assurance. Nicolas Duvauchelle, dans un rôle périlleux, s’en tire admirablement. Fanny Ardant, d’une classe folle, parvient à être à la fois exaspérante et irrésistible. Quant à Mathieu Kassovitz, il est proprement stupéfiant dans la peau de ce loser névrosé : une performance d’une rare intensité.
C’est du cinéma populaire dans ce qu’il a de meilleur.
Un dernier mot tout de même : l’affiche est affreuse. Elle ne représente en rien l’esprit du film. On devrait vraiment confier la promotion à d’autres.