Pendant la guerre du Golfe, quatre soldats américains tentent de s'emparer de l'or de Saddam volé au Koweit.
Dans une bonne humeur qui n'est pas sans rappeler celle de MASH (à ceci près que la guerre de Corée n'était pas une vraie-fausse guerre), le réalisateur décrit dans le désert irakien une armée américaine plus ou moins désœuvrée devant la soumission rapide de l'ennemi, une armée comme en villégiature, désinvolte et sûre de sa force, suspecte aussi de mépris, voire de racisme, à l'égard des autochtones. Sous le regard et dans la promiscuité de médias américains à l'affut du moindre incident singulier.
C'est dans cet esprit pas très sérieux qu'une poignée de GI's investit le bunker où sont cachés les trésors du Koweit. L'action improvisée et cocasse de ces joyeux drilles ne dure pas. La violence reprend le dessus et, surtout, le sort fait à la population locale et à ses opposants par Saddam Hussein ramène les compagnons du major Archie à une réalité qui, sans jamais se départir d'un caractère tragi-comique, s'avère moins pittoresque et enjouée.
Après les frasques militaires, David O. Russell confronte Archie et ses hommes à la souffrance du peuple irakien, les confronte surtout aux motifs cousus de fil blanc de leur présence dans le Golfe, à l'impérialisme de leur pays. La satire est grinçante, sinon corrosive, et on appréciera cette autocritique, cette lucidité auxquelles sont peu enclins les Américains, le cinéma américain en général comme on pourra le mesurer après le 11 Septembre. Contre le manichéisme de son pays, le cinéaste rétablit une autre vérité qu'on aurait par ailleurs souhaitée plus implicite et subtile dans un esprit plus insolent.