Pour son quatrième passage derrière la caméra, Oliver Baroux persévère dans la comédie avec cette fois-ci les beaufs dans la ligne de mire. Personnages arriérés de la France profonde, on se moque souvent d'eux, de leurs coupes de cheveux 90s, de leurs passions pour les ringardises et de leur ignorance quasi-totale du monde moderne. Poussive mais assumée, cette histoire de retournement de situation rocambolesque où une famille de chômeurs gagne au loto qui décide de s'installer à Monaco s'avère au final très rafraichissante et surtout très drôle.
Si certains gags sont épurés et d'autres pas très folichons, on s'esclaffera non-stop devant le parler hilarant de la famille Tuche et en particulier celui de Jeff, le père de famille bon à rien campé avec dérision par un Jean-Paul Rouve toujours aussi délirant. À ses côtés, la géniale Isabelle Nanty, l'oubliée Claire Nadeau ainsi que les prometteurs Pierre Lottin et Sarah Stern qui avait, elle, déjà participé à Ce soir je dors chez toi d'Olivier. Seul le petit Théo Fernandez s'avère quelque peu énervant dans son rôle de gosse surdoué, tant bien même est-ce son rôle de monsieur je-sais-tout...
Le reste du casting est du déjà vu dans le genre, de Jérôme Commandeur à Guy Lecluyse en passant par l'habitué Cyril Levebre et les nombreux cameos qui peuplent le long-métrage comme les inévitables Kad Merad, Olivier himself, Omar Sy, Pierre Bellemare ou encore Pierre Ménès. On s'amusera donc des innombrables bourdes de la famille nordiste, de leurs répliques hilarantes et de situations plutôt cocasses bien accentuées par le metteur en scène comme leur arrivée à l'hôtel Royal, la première visite des voisins chez les Tuche ou encore les répliques fumantes incompréhensibles de Mamie Tuche, sans cesse sous-titrées.
Prévisible du début à la fin, n'oubliant pas les éternelles morales gentillettes sur la tolérance, l'immigration et d'autres petits points noirs bien tricolores, le film n'est pas la comédie de l'année mais demeure à ce jour la meilleure réalisation de Baroux, se laissant un peu plus aller dans le burlesque que ses précédents films. Dommage en revanche que la France ait toujours besoin de se justifier pour se moquer, oubliant le côté purement fantaisiste et décomplexé des comédies d'antan. Dans tous les cas, Les Tuche remplit son cahier de charges avec réussite, soit faire rire, émouvoir parfois et nous faire sortir de la salle le sourire encore aux lèvres.