Véritable rareté du cinéma francophone des années 70 Les tueurs fous est une balade sauvage mettant en scène un fait divers pour le moins sordide et inexplicable. Film sans concessions, contemporain de l'unique réalisation de Leonard Kastle ( dont le titre ressemble étrangement à celui de Boris Szulzinger ) ce polar amoral nous place pernicieusement du côté des criminels, un peu à la manière d'un Bonnie and Clyde, le rythme effréné en moins et la froideur en plus.
En bon film séminal redoutablement construit Les tueurs fous selon Szulzinger renvoie à de nombreux films actuels estimés. On pense énormément aux films réalisés par le talentueux Fabrice du Welz, principalement le survival Calvaire et l'inégal Alleluia ( ce dernier n'étant rien de moins que le remake officieux du The Honeymoon Killers de Kastle ).
Le choix d'une photographie et d'une esthétique très réalistes dénote avec les situations souvent ineptes dans lesquelles évoluent les deux personnages principaux. Pas forcément bien interprété, sonnant même un peu faux en ce qui concerne certains comédiens Les tueurs fous bénéficie en revanche d'un sens du découpage technique magnifique et passionnant, trouvant son apothéose dans la séquence finale ( sans doute la plus belle du métrage ). Un bon film.