Michel Drach entreprend de raconter une page dramatique de son enfance et, au-delà, d'affirmer, comme un exorcisme, le sort des juifs français durant la seconde guerre mondiale. D'autres l'on fait, avant ou après lui, et c'est peut-être pour cette raison que le cas personnel de Drach ne nous touche pas autant qu'il le devrait. Ou bien est-ce la mise en scène qui ne parvient pas toujours à nous faire partager l'émotion du cinéaste?
Encore, celui-ci ne cherche-t-il nullement à nous affliger. Il le dit en préambule, de façon ironique, à un producteur possible qui s'inquiète de ne trouver dans le script ni mort ni sexe! C'est d'ailleurs l'originalité de la mise en scène que d'intercaler dans le récit autobiographique ces moments qui influent sur la création du film : les rapports de Michel Drach avec des producteurs indifférents (à tel point que , vedette exigée, il laisse sa place et son rôle à Jean-Louis Trintignant),
sa rencontre avec un étudiant de mai 68 fuyant la police et qui lui rappelle sa propre fuite devant les rafles anti-juives de la guerre...
Autant de moments qui ne sont pas dénués d'humour.
La dernière partie du film où, guidés par des passeurs plus ou moins loyaux,
le petit Michel et sa mère tentent de rejoindre la Suisse,
est nécessairement plus grave. C'est le terme d'un film qui, à défaut d'être totalement maîtrisé, nous a convaincu de la sensibilité et de la sincérité de son auteur.