Eyes of Fire, c'est tout ce que j'aime : un film rare, trop longtemps méconnu, et apparenté à un de mes genres préférés: le folk horror. Et pour ne rien gâcher, les prémices du film évoque un proto The Witch (Au XVIIIème siècle, un précheur chassé de sa colonie s'installe avec ceux qui lui reste fidèles sur un territoire où ils sont confronté à des trucs pas très naturels)
Mais là s'arrête la comparaison. Car au naturalisme du film d'Eggers, Les Yeux de Feu oppose un visuel soigné, avec de belles atmosphères brumeuses et des idées visuelles fortes. Alors oui, si le film n'est pas avare en représentations surnaturelles, celles-ci ne sont pas toujours très réussies, trahissant tant l'époque de production du film que ses carences budgétaires. Mais ça m'évoque du coup le cinéma de Ken Russell, pour ce mélange d'idée psychédélique et d'execution pas forcément heureuse. De la même manière, on pourra critique le côté délié du scénario, que l'utilisation de la voix-off parvient à peine à étayer (Crounse, dont c'était le premier film, reconnaissant lui-même qu'il aurait dû en partie déléguer l'écriture), mais cela participe aussi au côté étrange et éthéré du film.
Bref, une œuvre certes perfectible mais dont les défaut participe à la personnalité, et qui la rendent assez unique en son genre : C'est des petites découvertes comme ça qui font le plaisir du cinéphile/cinéphage !