Consacré à l'émergence d'une scène rock russe à la fin des années Brejnev, en jouant pour ça avec un semblant d'aval des autorités (alors que c'est la "musique des impérialistes", et que les paroles, ouvertement punks, sont critiques et sans ambiguïtés), Leto tourne principalement autour des destins (tragiques) de deux musiciens iconiques en Russie, Mike Naoumenko et Viktor Tsoï. Mais quand bien même ceux-ci sont quasi inconnus chez nous, le film reste intéressant et pertinent.
Déjà, parce que les références de ces personnages sont à l'ouest (au sens propre, hein, pas au figuré), et que les citations et hommages sont communes pour nous. Ensuite parce que ce que le film dit de l'envie, de la volonté créatrice dans un monde totalitaire, obtus et sectarisé, c'est universel. Enfin parce que Serebrennikov est un réalisateur dans la grande tradition russe, et que donc, techniquement, esthétiquement, ça défonce. Le N&B est superbe, ponctué d'envolées oniriques, d'animations et de couleurs, et on a, tout au long du métrage, quelques plans-séquences virtuoses à la Mikhaïl Kalatozov.
Bref, c'est beau, c'est cool, et ça ouvre l'esprit à tout un pan de culture populaire, donc voilà: Top.