Des choses gentilles à dire sur ce film :
Reprise assez honteuse de Alien et, dans une moindre mesure, de The Thing, raison pour laquelle il avait d’ailleurs été étrillé à sa sortie, Leviathan n’en demeure pas moins un petit plaisir de cinéma de genre. C’est pas nouveau, c’est pas toujours très soigné, mais c’est terriblement sympathique.
Coupés du monde dans leur base sous-marine, un groupe de mineurs doit faire face à une menace monstrueuse ramenée par l’un des leurs après la visite d’une épave. Une vieille recette, oui, mais confectionnée dans un chaudron à la mode. La fin des années 1980 est marquée par un certain intérêt pour les profondeurs dans le cinéma fantastique (probablement lié aux progrès techniques en terme d’exploration et d’imagerie sous-marines) et voit les sorties de The Abyss (c’est justement le visionnage d’un documentaire sur le sujet qui a inspiré James Cameron) et de DeepStar Six.
Si l’originalité fait clairement défaut à Leviathan, plusieurs choses sont néanmoins à porter à son crédit. Gros décalque d’Alien, le récit est donc bien rythmé et bien mené. L’ambiance est plutôt réussie en termes de récit avec les tranches de vie en milieu clos du début de film qui glissent toutes seules et en termes de décor, la station a tout le nécessaire : des coursives, un poste de contrôle, des cabines avec des posters de femmes en petite tenue, une infirmerie glauque, une cuisine dont les placards ne demandent qu’à s’ouvrir pour permettre à des bestioles de nous surprendre et des scaphandres qui pendouillent pour rappeler qu’ont n’est pas tout à fait dans l’espace...
Les effets visuels supervisés par Stan Winston sont plus qu’honnêtes. Le film versant allégrement dans la body horror, on commence gentiment avec des rougeurs sur la peau et des cheveux qui tombent avant de croiser une bestiole composée de deux corps fusionnés puis, plus particulièrement, un de ses membres tranchés devenu autonome qui se dandine comme une chenille. Son côté grotesque fonctionne à merveille, le pied attaché au bout renforçant par sa trivialité l’horreur de la chose. Moins raffiné, le monstre final peut néanmoins séduire par son côté caoutchouteux.
Le casting apporte une dose de charme supplémentaire : Amanda Pays est transparente, Daniel Stern fait du Daniel Stern, la magnétique Meg Foster est joliment détestable, Ernie Hudson transpire la classe et Peter Weller affiche un stoïcisme badin qui, s’il peut être assimilé à un manque d’intérêt total pour la production dans laquelle il joue, pare curieusement son personnage d’une aura de héros inatteignable assez sympathique. D’autant qu’il est servi par un petit paquet de répliques à la con. Et qu’il finit par défoncer le monstre d’un lancer d’explosif aussi nonchalant qu’un lancer de boule de papier au bureau dans une corbeille munie d’un mini panneau de basket...
Un film très dispensable mais que sa patine années 1980 au sens large (grain d’image, effets pratiques, musique de Jerry Goldsmith, casting trois étoiles, dialogues sympathiquement débiles...) rend finalement assez attachant.
Je veux jouer au bingo des clichés avec ce film
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Ou sinon, je regarde juste les 33 ingrédients du bingo de ce film parce que c'est trop cool
Personnage > Agissement
Stylé > Balance une petite phrase avant de tuer une personne (ou après) – Tension > Met sa main devant sa bouche ou celle d’un autre personnage pour s’ / l’empêcher de hurler
Personnage > Citation
Exprime du soulagement > « Bingo ! » – S’inquiète > « Oh mon dieu ! » – Supplie > « Tue-moi, pitié... »
Réalisation
Explosion finale de monstre – Habillage > Incrustation de texte sur l’écran : lieu, date, heure, etc. – Habillage > Placement de produits
Réalisation > Accessoire et compagnie
Animal > Requin – Fusée de détresse – Intelligence artificielle (de vaisseau)/interface > a une voix robotique/monocorde – Mur décoré de photos de femmes à poil – Tension > Compte à rebours – Tension > Jet de vapeur projetée par un tuyau qui fuit
Réalisation > Audio
Ambiance sonore > Alarme stridente de vaisseau spatial/laboratoire/base secrète – Bruit exagéré > Coups donnés lors d’un combat au corps-à-corps – Effet > Lasers qui font « piou-piou », touches d’ordinateurs qui font « pi-pou-pou » etc. – Intelligence artificielle (de vaisseau)/interface > Fait un topo/inventorie les dégâts – Long bip d’ECG plat – Tension > Bruit provoqué par la pression de l’eau sur les parois d’un sous-marin
Réalisation > Surprise !
Faux suspense > Surpris·e par un animal – Surpris·e par quelqu’un qui lui parle soudainement dans le dos
Scénario > Blague, gag et quiproquo
Pipi, caca, prout
Scénario > Dialogue
À voix haute > Se parle – Répliques à la con
Scénario > Élément
Titre du film énoncé dans le film
Scénario > Ficelle scénaristique
Tension > N’entend pas les appels à l’aide d’une victime
Scénario > Situation
Tension > Doit s’échapper avant la destruction imminente de...
Thème > GI Joe
Ordonne > « Go, go, go ! »
Thème > N’importe quoi
Trop con·ne > Ces gens font des trucs complètement con
Thème > Sexisme hostile à l’égard des femmes
Objectification sexuelle > Reluque une femme – Objectification sexuelle > Tenues légères
Thème > Testostérone
Référence à la taille d’une bite pour (s’auto)complimenter ou insulter
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Barème de notation :
- 1. À gerber
- 2. Déplaisir extrême et très limite sur les idées véhiculées
- 3. On s'est fait grave chier
- 4. On s'est fait chier mais quelques petits trucs sympas par-ci par-là
- 5. Bof, bof ; pas la honte mais je ne le reverrais jamais ; y'a des bons trucs mais ça ne suffit pas
- 6. J'ai aimé des trucs mais ça reste inégal ; je pourrais le revoir en me forçant un peu
- 7. J'ai passé un bon moment ; je peux le revoir sans problème
- 8. J'ai beaucoup aimé ; je peux le revoir sans problème
- 9. Gros gros plaisir de ciné
- 10. Je ne m'en lasserais jamais