Je garde une certaine tendresse envers ce film, découvert dans les années 2000 lors d'une rediffusion TV, alors que je me trouvais... en vacances familiales en Bretagne, au bord de la mer. Sans avoir un paternel aussi despotique que ce que l'on voit à l'écran, quelques situations ont du résonner en mois. Je le revois plus de vingt ans après, et ma foi c'est toujours sympathique.
On s'intéresse donc à la famille Monot. Deux parents presque quarantenaires, quatre garçons à élever. Ils débarquent en vacances sur l'Île d'Oléron, et Jacques, le patriarche, se met en tête d'acheter un bateau de plaisance. Bien qu'il n'ait jamais fait de voile dans sa vie !
On n'est pas du tout ici dans la comédie estivale grand public, avec son lot de quiproquos, de rebondissements, d'amourettes et j'en passe. "Liberté-Oléron" est plutôt une chronique sur cette famille dysfonctionnelle, et sur ce rêve égoïste d'un père imbuvable. Un véritable despote écrasant sa famille, incarné par Denis Podalydès acide à souhait.
Tout le monde n'adhèrera pas, tant ce personnage peut taper sur les nerfs. Ou tant ses accès violents dans le dernier acte (violence physique et verbale) peuvent dérouter ceux qui s'attendent à un film très léger. Mais pour ma part j'ai apprécié de voir cet individu odieux confronté à l'absurdité et à la radicalité de ses décisions. Un sorte de punition marine amusante, tant il est confronté à des situations cocasses ou des personnages décalés.
Et si la mise en scène demeure relativement sage, Bruno Podalydès offre tout de même quelques séquences de rêves qui font plus que sourire.