Lifeline est une de ces belles surprises qui rappellent pourquoi le cinéma d’auteur, même modeste, peut marquer durablement. On entre dans un huis clos téléphonique aussi sobre qu’efficace, où chaque mot, chaque silence, compte plus qu’un effet visuel ou une pirouette scénaristique. L’histoire, volontairement énigmatique, se dévoile avec justesse — sans en dire trop, disons qu’elle joue sur nos perceptions, un peu à la manière d’un Stay, mais avec une retenue qui force l’admiration. Pas de grand spectacle ici, juste une intrigue qui se tisse dans l’intimité des voix et des non-dits, et qui exige qu’on s’abandonne à son rythme.
Le vrai atout du film, c’est Josh Stewart, dont la performance intense et nuancée porte l’ensemble à bout de bras. Lifeline ne plaira pas à ceux qui cherchent l’action ou le fantastique pur : c’est un film de dialogues, de tensions psychologiques, et d’une mise en scène sobre qui sait rester au service de l’histoire. Une œuvre qui ne révolutionne pas le genre, mais qui séduit par son audace discrète et son humanité. À découvrir sans attente démesurée, mais avec l’envie de se laisser porter par un acteur exceptionnel et une ambiance envoûtante.