Sobrement présenté comme «le polar de l’année» Limbo s’est distingué, en Catalogne pour sa photo, à Hong Kong pour presque tout... et à Reims avec le Grand prix et Prix de la critique. Distinctions méritées qui permirent, s’il en était besoin, que ce thriller hongkongais sortent en salles en France... et fasse presque passer Seven pour un aimable épisode de Starsky et Hutch.
En effet ces deux flics à Hong Kong, le novice et l’ancien, n’hésiteront pas à se servir d’une pauvre délinquante (qui en verra de toutes les couleurs) pour traquer un affreux psyhopathe, parmi les ordures et sous une pluie battante. Bien sûr, ça pietine sec, et on perd parfois nos personnages dans le décors, noyés dans un maëlstrom d’immondices, ou au détour de plans d’ensemble d’une beauté sidérante. L’expressionnisme noir et blanc du film est juste à tomber par terre.
Certes, Limbo n’évite pas toujours la surenchère (y compris violente) mais quand l’ambition esthétique élève le cauchemar sordide au rang de performance ultra-contemporaine, on ne peut qu’applaudir des deux mains... si on les a encore.